La Corée du Nord a dénoncé hier un accord visant à prévenir toute confrontation armée avec la Corée du Sud, dans un contexte de crise aiguë née de la publication, la semaine dernière, des résultats d'une enquête mettant en cause directement le Nord dans le naufrage d'une corvette surd-coréenne.Le chef d'état-major nord-coréen a également prévenu d'une attaque immédiate si la Corée du Sud violait la frontière intercoréenne en mer Jaune, a indiqué l'agence officielle nord-coréenne KCNA. Le Nord a aussi indiqué qu'il ne garantissait plus la sécurité des Sud-Coréens se rendant au Nord et envisageait de couper complètement l'accès au complexe industriel de Kaesong, financé par Séoul, et situé au nord de la frontière. « Nous allons lever toutes les mesures se sécurité que notre armée est censée garantir dans le cadre de la coopération et des échanges intercoréens », a indiqué l'armée nord-coréenne dans un communiqué diffusé par KCNA. Censé symboliser le rapprochement entre les deux Corées, le parc industriel de Kaesong, ouvert en 2005 et dont le fonctionnement a été largement entravé ces derniers mois par les tensions bilatérales, emploie près de 42 000 Nord-Coréens travaillant pour le compte de 110 sociétés du Sud qui génèrent chaque mois des millions de dollars en biens manufacturés (habits, chaussures, sacs, ustensiles de cuisine, etc.).
Dans le même temps, la marine sud-coréenne a effectué un exercice anti-sous-marin, a annoncé l'agence sud-coréenne Yonhap.
Cette démonstration de force, la première côté Sud depuis le naufrage du Cheonan, a impliqué 10 navires, dont un destroyer de 3 000 tonnes et trois patrouilleurs, selon des responsables militaires.
Les États-Unis ont apporté leur soutien à Séoul qui compte réclamer du Conseil de sécurité de nouvelles sanctions contre Pyongyang, estimant qu'à la lumière de l'enquête internationale, la Chine et la Russie, jusque-là sur la réserve, ne pourront nier les faits.
La diplomatie russe a cependant jugé que le dossier impliquant la Corée du Nord ne pouvait être transmis au Conseil de sécurité sans « preuves à 100 % ».
Moscou a également annoncé l'envoi en Corée du Sud d'une équipe d'experts russes pour examiner les résultats de l'enquête. Le Premier ministre chinois Wen Jiabao est, de son côté, attendu aujourd'hui à Séoul.