Tout commence par une petite prestidigitation. Un œuf est tiré de l'oreille par Toni Rumbeau d'un jeune garçon qui s'est approché de la scène accueillant un public composé d'adultes, d'enfants. La vraie séance de 7 à 77 ans, comme on dit !
Et cet œuf de l'imagination, en ombres chinoises, est cassé, salé, poivré et déposé dans un petit coffret qui s'avère une véritable boîte de Pandore, doublée d'un «fanous» magique d'où s'échapperont Polichinelle, un chien comme celui de Boule et Bill, un policier coléreux au visage joufflu, le squelette de la mort et une vamp aux cheveux fous et aux atouts fatals. Petite histoire faite de bric et de broc pour Polichinelle, finaud et amusant, qui en fait voir à tout le monde. Avec de petites leçons de courage, d'affection et d'amitié.
D'abord une petite pause câline avec le cabot qui lampe du champagne et rogne un os grand comme un tibia. Ensuite bastonnade et hurlements avec le policier, sifflet strident aux lèvres, qui interdit de chanter dans la rue. Mais Polichinelle aura le dernier mot et la dernière note.
Sur la lugubre mélodie de la Marche funèbre de Chopin émerge la Grande faucheuse avec une potence. Mais Polichinelle, malgré sa trouille à faire ses besoins dans sa culotte, ruse si bien qu'il piège la mort et la pend !
Et pour finir, place au plaisir et à l'amour quand Polichinelle, incurable Narcisse se mirant avec délectation, découvre «l'autre» en une femme séduisante, fessue et nantie de nichons en pommes à croquer.
Mais vite, les mains qui ont animé cette brochette de personnages, entre drôlerie comique et gestuelle bouffonne, ramassent (à pleines mains, justement, comme l'indique le titre du spectacle) ces garnements et les coffrent à nouveau dans la boîte magique d'où ils se sont impunément échappés. Et la lanterne magique, comme un lumineux trésor, est sagement déposée en bordure de la scène. Pour un autre conte, un nouveau tour de magie, une nouvelle échappée vers un monde imaginaire.
Rire des enfants, réaction des grands et une trombe d'applaudissements pour ces marionnettes au bagout charmant, partagé entre voix fluette, minauderie, onomatopée et clownerie.
Dommage qu'un tour pour les enfants des écoles ne soit pas organisé pour un spectacle aussi savoureux que discrètement éducatif.

