Le président somalien Sharif Sheikh Ahmed (à gauche), en compagnie, dans la photo, du ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu (centre) et du secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a participé à une conférence internationale sur la Somalie à Istanbul. Mustafa Ozer/AFP
Après une brève interruption pendant la nuit, les combats à l'arme lourde - mortiers, batteries antiaériennes et mitrailleuses - ont repris à l'aube jusqu'à la mi-journée. « Nos combattants ont attaqué plusieurs zones contrôlées par les soldats du gouvernement apostat. Nous avons tué des dizaines d'ennemis et pris le contrôle de leurs positions pendant la nuit », a affirmé au cours d'une conférence de presse le porte-parole des shebab, cheikh Ali Mohamoud Rage. Les combattants islamistes ont pu progresser en direction de la présidence par l'est, approchant notamment de « Kilomètre zéro », un carrefour stratégique menant au port de la capitale, selon des témoins. « Les lignes de front où les moujahidine ont combattu l'ennemi ce matin sont à moins de 2 km du palais présidentiel, cela prouve que nous avons affaibli leurs défenses », a assuré un autre commandant shebab, Sheikh Mohamed Ibrahim. « Nous les encerclons, et si Dieu le veut, nous prendrons le contrôle des dernières positions des infidèles qui protègent le gouvernement apostat et son palais présidentiel », a-t-il ajouté.
Des soldats, ougandais et burundais, de la force de la paix de l'Union africaine (Amisom) sont intervenus en appui aux forces pro-gouvernementales. « Notre mandat est de protéger le gouvernement de transition et nous avons des lignes rouges où nos forces sont en danger et sont obligées d'intervenir », a reconnu le porte-parole de l'Amisom, le major Ba-Hoku Barigye. Avec le soutien de l'Amisom, « les forces du TFG ont repris le contrôle de plusieurs endroits dans Shibis et Bondhere où les insurgés avaient avancé pendant la nuit », a assuré pour sa part un responsable administratif local, Kulmiye Yabarow Harur. La situation sécuritaire ne permettait pas hier de confirmer ces informations de source indépendante.
Comme à chaque offensive des belligérants, les violences ont provoqué un nouvel exode de civils, les quelques centaines d'habitants encore installés dans les ruines de Shibis et Bondhere. « Près de deux tiers des habitants étaient déjà partis de Shibis il y a quatre mois. Ceux qui restaient sont en train de fuir. Je ne peux pas vous donner de chiffres, mais tout le monde s'en va », a raconté Asha Husein, mère de famille de six enfants. « Personne ne peut supporter ces bombardements d'artillerie, beaucoup de civils sont morts et si nous ne partons pas, nous aussi nous seront tués à notre tour », a raconté un autre habitant, Dadir Abdulahi Farey.
Ces combats se déroulent en l'absence du président Sheik Sharif Ahmed, qui participe depuis vendredi à Istanbul à une conférence internationale sur la Somalie, destinée à soutenir le TFG. Hier en fin de journée, une source diplomatique turque a indiqué que le président somalien devait quitter Istanbul.
Le très fragile TFG a été créé en janvier 2009 et est depuis soutenu à bout de bras par la communauté internationale. Ce gouvernement n'est présent que dans une petite partie de Mogadiscio, avec l'appui de 6 000 soldats ougandais et burundais de l'Amisom déployés dans les zones stratégiques. La majorité de la ville est contrôlée par les insurgés islamistes.

