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Culture - Festival Du Printemps

Sur les chemins de la sagesse

Un spectacle de marionnettes venu d'Iran, un parfum rare concocté par Zahra Sabri. Ou quelques pas sur une voie spirituelle inspirée des contes de Jalaleddine Roumi.

(Michel Sayegh)

Trois comédiennes au profil parfait, drapées de blanc immaculé de la tête aux pieds (même le visage est opalin), évoluent sur les planches avec une grâce infinie. Leurs jupes virevoltant à chaque pas, elles manipulent de petites figurines faites de laine et de tissu : vache impie, oiseau suicidaire, prophète à la barbe fleurie ou simple berger...Tels sont les personnages principaux du spectacle de la scénographe Zahra Sabri, La terre et les saisons, une adaptation de sept contes tirés du Mesnevi, ces histoires spirituelles, legs du poète soufi Jalaleddine Roumi (XIIIe siècle). Ce spectacle a reçu le prix spécial du jury du Festival de Téhéran en 2008 et le premier prix au Festival international de Prague des marionnettes. Il a par ailleurs été présenté au Festival de Charleville-Mézières en France, au festival Les nuits blanches, en Allemagne, et aux Journées théâtrales de Carthage, en Tunisie. Le voilà donc présenté à Beyrouth, dans le cadre du Festival du printemps (si enrichissant par son éclectisme !),
organisé par Shams et al-Mawrid al-Sakafi.
Mais revenons à ce voyage, car c'en est réellement un, qui invite le spectateur à la pensée soufie, à entrevoir la richesse et l'originalité de cet héritage. Et ses messages d'humanité, de fraternité, d'humilité et de tolérance.
« Ne mords pas mon doigt, regarde ce qu'il indique », dit un des plus fameux adages soufis... Tels des indices, des doigts (blancs) pointés vers la lune, ces contes soufis mis en marionnettes mènent le spectateur jusqu'au fond de son être. Mais pour cela, ils doivent être « écoutés » et regardés dans leurs moindres détails, avec beaucoup d'attention, beaucoup d'amour, car il ne s'agit pas d'une simple histoire destinée à divertir. Même si le spectateur ne comprend pas un mot des poèmes récités en perse (des traductions en arabe ou en anglais distribuées à l'entrée ont quand même facilité la compréhension), le spectateur capte les symboles, se trouve emporté par la magie de ces étoffes soyeuses qui se transforment en vagues menaçantes puis complices (l'histoire de l'enfant Moïse sur le Nil) ou en dunes sableuses guidant le chemin du berger prophète... L'histoire commence alors là où le pouvoir de l'imagination et la puissance des mots sont célébrés par le chant et le geste, porteurs de sagesse...
Et d'un message sublime et unificateur : « Vous pouvez prier Dieu comme vous le voulez... »
Amen.
Trois comédiennes au profil parfait, drapées de blanc immaculé de la tête aux pieds (même le visage est opalin), évoluent sur les planches avec une grâce infinie. Leurs jupes virevoltant à chaque pas, elles manipulent de petites figurines faites de laine et de tissu : vache impie, oiseau suicidaire, prophète à la barbe fleurie ou simple berger...Tels sont les personnages principaux du spectacle de la scénographe Zahra Sabri, La terre et les saisons, une adaptation de sept contes tirés du Mesnevi, ces histoires spirituelles, legs du poète soufi Jalaleddine Roumi (XIIIe siècle). Ce spectacle a reçu le prix spécial du jury du Festival de Téhéran en 2008 et le premier prix au Festival international de Prague des...
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