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Liban - Éclairage

Kouchner à Beyrouth : plusieurs dossiers et un message

C'est désormais confirmé, le ministre français des AE, Bernard Kouchner, aura des entretiens dimanche avec les responsables libanais après une courte visite à Damas, samedi. Cette visite avait été prévue depuis quelque temps déjà, mais selon des sources proches de la Syrie, les autorités de Damas n'avaient pas voulu fixer de rendez-vous auparavant en raison de certaines prises de position du ministre français dans lesquelles il affirmait que le Hezbollah pouvait attaquer Israël et, plus tard, lorsqu'il n'avait pas écarté la possibilité pour la Syrie d'avoir livré des missiles Scud au Hezbollah. Sa position était d'autant plus étonnante que le ministre français de la Défense Hervé Morin, en visite à Beyrouth, avait déclaré ne pas être au courant de la possession de missiles Scud par le Hezbollah. Et lorsqu'on lui avait opposé la position de son homologue des AE, il s'était contenté de faire la réponse suivante : « Je ne sais pas quelles sont les données en sa possession. Posez-lui directement la question »...
En réalité, il y avait surtout un flou dans les objectifs de la visite, surtout en l'absence de clarté dans la situation régionale actuelle et surtout en l'absence d'initiative française dans la région, depuis la reprise en main du dossier palestino-irsaélien par l'administration américaine. Mais désormais, avec la lenteur de la reprise des négociations indirectes entre les Palestiniens et les Israéliens, sur fond de refus israélien de faire la moindre concession, même de pure forme, et à la lumière des développements au niveau du dossier nucléaire iranien, la France estime qu'elle pourrait jouer un rôle positif. Surtout après le signe de bonne volonté iranien avec la libération de la chercheuse de 24 ans Clothilde Reiss. Même si les autorités françaises démentent fermement l'existence d'un accord préalable portant sur le rapatriement en Iran d'un ingénieur et sur la libération de l'assassin de l'ancien Premier ministre iranien Chapour Bakhtiar, les coïncidences sont rares en politique et les milieux concernés estiment qu'il y a aujourd'hui plus que jamais une possibilité de dialogue entre l'Iran et l'Occident.
C'est donc l'ensemble de ces dossiers que le ministre français des AE compte évoquer au cours de ses entretiens avec les responsables syriens et libanais. Des sources diplomatiques évoquent aussi la possibilité pour Kouchner d'ouvrir le dossier du contrôle de la frontière libano-syrienne, qui semble être le nouveau « dossier chaud », au sujet duquel l'Occident chercherait à exercer des pressions sur Beyrouth et Damas.
Enfin, Kouchner devrait aussi évoquer avec les autorités libanaises et syriennes la tenue de la prochaine réunion de l'Union pour la Méditerranée prévue les 6 et 7 juin à Barcelone. On sait en effet combien le président français Nicolas Sarkozy tient à ce projet, par le biais duquel il souhaitait effectuer des percées au niveau du règlement du conflit israélo-arabe, sous couvert d'ouverture méditerranéenne et d'échanges économiques. D'ailleurs, lors de la précédente réunion, en France, c'est la Syrie qui avait sauvé la mise en acceptant qu'Israël occupe le poste de l'un des six sous-secrétaires généraux de l'UPM. Mais cette fois, un autre obstacle doit être surmonté. L'Égypte, qui copréside l'UPM, exige que le ministre israélien des AE Avigdor Lieberman ne participe pas à la réunion de Barcelone. Ce dernier avait en effet adressé de violentes critiques à l'égard du président égyptien Hosni Moubarak, frisant même les insultes. Dans une tentative de satisfaire les Égyptiens, il a été convenu que la réunion se tiendrait au niveau des représentants des chefs d'État. Mais même dans ces conditions, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu pourrait décider d'envoyer Lieberman comme son représentant personnel. Dans ce cas, le problème restera entier et il est important pour la France d'assurer un minimum de participation des pays membres de l'UPM pour que le projet puisse rester crédible. D'autres problèmes entravent aussi le fonctionnement de l'UPM, en raison de la profonde crise de confiance entre les Arabes, même modérés, et Israël et dans ce cadre, le durcissement permanent des positions israéliennes ne facilite pas les choses aux diplomates les plus chevronnés. Par exemple, toujours selon les sources diplomatiques, les Israéliens s'opposent à l'utilisation du terme « terre occupée » en parlant de certaines portions de la Cisjordanie. Et les Arabes ont aussitôt protesté, accusant les Israéliens de faire passer des phrases politiques sous couvert de l'économie...
La tâche de Kouchner et des diplomates impliqués dans la préparation de la réunion de l'UPM n'est donc pas facile. Mais les sources diplomatiques précisent que le principal message du ministre français des AE aux autorités libanaises sera le suivant : la France ne croit pas à l'éclatement d'une guerre régionale dans un proche avenir. Le ministre espagnol des AE, Miguel Angel Moratinos, avait donné le même son de cloche au cours de sa dernière visite à Beyrouth. Finalement, annoncer une non-guerre, ce n'est pas si mal, surtout au Liban, où l'ont vit toujours avec cette crainte en toile de fond...
C'est désormais confirmé, le ministre français des AE, Bernard Kouchner, aura des entretiens dimanche avec les responsables libanais après une courte visite à Damas, samedi. Cette visite avait été prévue depuis quelque temps déjà, mais selon des sources proches de la Syrie, les autorités de Damas n'avaient pas voulu fixer de rendez-vous auparavant en raison de certaines prises de position du ministre français dans lesquelles il affirmait que le Hezbollah pouvait attaquer Israël et, plus tard, lorsqu'il n'avait pas écarté la possibilité pour la Syrie d'avoir livré des missiles Scud au Hezbollah. Sa position était d'autant plus étonnante que le ministre français de la Défense Hervé Morin,...
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