Des policiers afghans et des soldats de l’OTAN montent la garde sur la route menant à la base de Bagram, après la violente et spectaculaire attaque des talibans.Shah Marai/AFP
Neuf soldats de l'OTAN ont été blessés et dix insurgés ont été tués lors des combats, a indiqué un porte-parole de l'OTAN à Bagram. Deux des soldats blessés ont déjà repris leur poste. Un civil américain travaillant pour une société sous contrat avec l'OTAN a en revanche été tué, selon le porte-parole qui n'a pas précisé les conditions de sa mort. Quatre des assaillants portaient des ceintures d'explosifs mais ont été abattus avant de pouvoir les déclencher, a précisé l'OTAN.
Les insurgés ont attaqué en plusieurs endroits, « tous très rapprochés », a souligné le major Virginia McCabe, porte-parole de la base militaire. « La riposte de nos soldats a été très rapide », a-t-elle assuré. Les insurgés ont attaqué l'immense base à coups de « roquettes, de grenades et d'armes automatiques », mais n'ont pas réussi à pénétrer dans l'enceinte, selon le major McCabe. Selon Bryan Whitman, porte-parole du Pentagone, les assaillants étaient une trentaine. « Vers 05h00 (00h30 GMT), 20 kamikazes talibans ont attaqué la base de Bagram par les flancs Est et Ouest », avait déclaré Zabihullah Mujahid, un porte-parole régulier des insurgés, dans un entretien téléphonique avec l'AFP. « Quatre kamikazes ont actionné leur ceinture d'explosifs », avait affirmé M. Mujahid. « J'ai vu des hélicoptères américains, ils ont ouvert le feu et les terroristes leur tiraient dessus », raconte Zemaray Malikzada, un fermier qui habite à quelques centaines de mètres de la base. « J'ai vu l'un des kamikazes », a également témoigné Ahmad Jawed, un autre fermier. « Il m'a montré sa ceinture d'explosifs. Je suis parti en courant. La police et les Américains l'ont suivi puis il s'est fait exploser, juste là », raconte-t-il.
Bagram, à une soixantaine de kilomètres au nord de Kaboul, héberge la plus grande base militaire de l'OTAN en Afghanistan, commandée et tenue par l'armée américaine, qui compose plus des deux tiers des forces internationales. C'est un aéroport militaire mais les forces américaines disposent également à Bagram d'une vaste prison, parfois surnommée le « Guantanamo afghan », ouverte lors de la chute des talibans fin 2001. En février 2007, 20 personnes avaient été tuées lors d'un attentat-suicide qui avait visé Bagram durant la visite de l'ancien vice-président américain Dick Cheney.
L'attaque d'hier à Bagram s'est déroulée après une journée noire mardi pour les forces internationales qui ont perdu huit militaires, dont six (cinq soldats américains et un colonel canadien) dans un attentat-suicide à la voiture piégée - l'attaque la plus meurtrière à Kaboul depuis près d'un an et demi - contre un convoi de l'OTAN. Les forces internationales accumulent les revers alors que la nouvelle stratégie de contre-insurrection décidée fin 2009 par le président américain, Barack Obama, visait à enrayer la progression de l'insurrection. Après une offensive militaire de grande envergure à Marjah, dans la province du Helmand (Sud), qualifiée de « fiasco » par une partie de la presse américaine, les Occidentaux se sont tournés vers Kandahar, le fief des talibans, qui doit être le théâtre d'une vaste offensive durant l'été.
Depuis 2005 et la résurgence de l'insurrection menée par les talibans, chaque année établit un nouveau record de pertes pour les troupes étrangères, déployées en Afghanistan depuis fin 2001 : 211 soldats de l'OTAN ont péri cette année.


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine