En invitant son homologue turc, George Papandréou (à gauche) avait affirmé, en janvier dernier, sa volonté de relancer le rapprochement bilatéral, en panne depuis des années. Aris Messinis/AFP
Reçu par le chef de l'État Carolos Papoulias avant ses entretiens avec son homologue George Papandréou, le Premier ministre turc a espéré que sa visite « sera un début pour faire entrer les relations gréco-turques dans une meilleure phase ». M. Erdogan, dont la dernière visite officielle à Athènes remonte à 2004, a relevé dans un bref échange avec son hôte que, durant son mandat, il avait effectué « six visites officielles ou officieuses » en Grèce. M. Papoulias a de son côté souhaité que sa visite de deux jours « ait de bons résultats » pour « renforcer le climat de coopération » bilatérale.
Le dirigeant turc s'est rendu à pied au siège du gouvernement grec, distant de quelques dizaines de mètres, où il a été accueilli par M. Papandréou.
MM. Erdogan et Papandréou ont ouvert dans l'après-midi la première réunion d'un Conseil supérieur de coopération, rassemblant une dizaine de ministres de chacun des deux pays. Cette plateforme de coopération, sur un modèle déjà mis en place par Ankara avec d'autres voisins et partenaires, doit se réunir une fois par an pour développer la coopération entre les deux pays, membres de l'OTAN mais rivaux régionaux de longue date, qui ont été pour la dernière fois au bord d'un conflit armé en 1996.
« Un grand pas en avant a été fait dans la promotion des relations bilatérales sur la voie du renforcement de la paix et de la stabilité dans la région », selon une déclaration commune publiée à l'issue de la réunion.
M. Erdogan a dit vouloir également discuter de la coûteuse course aux armements dans laquelle les deux pays sont engagés depuis plusieurs décennies. Mais, pour les Grecs, une éventuelle réduction bilatérale des armements est conditionnée à l'établissement « d'un climat de confiance et de sincérité », a rappelé récemment le vice-ministre de la Défense, Panos Béglitis.
M. Erdogan a estimé de son côté que les deux pays devaient « s'entraider », car leurs deux économies « sont complémentaires », et précisé que « 21 accords et protocoles de coopération » seraient signés. Ils doivent notamment porter sur le tourisme, l'énergie et les transports. Athènes a annoncé en milieu de journée la signature d'un « accord bilatéral » pour le renvoi en Turquie des migrants clandestins affluant par milliers sur les côtes grecques, un sujet de contentieux entre la Grèce et la Turquie.
L'arrivée de M. Erdogan, sécurisée par le déploiement de 1 500 policiers à Athènes, a été ternie dans la journée par un attentat à l'engin explosif, qui a fait un blessé léger, la veille au soir, contre le Palais de justice de Salonique, la deuxième ville du pays, dans le Nord. Cet attentat n'a « pas de rapport » avec la visite de M. Erdogan, a précisé la police.


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