Outre le dossier iranien, Dmitri Medvedev et Inacio Lula da Silva ont discuté de la réforme du système financier international. Sergei Chirikov/AFP
La Russie, soutien traditionnel de l'Iran, se montre de plus en plus agacée par le comportement de Téhéran et n'exclut plus l'adoption de sanctions, réclamées par l'Occident qui soupçonne l'Iran de chercher à se doter de l'arme atomique sous couvert de nucléaire civil. M. Lula, qui, lui, ne veut pas de mesures punitives, espère convaincre ses interlocuteurs iraniens de faire un geste pour permettre l'émergence d'une solution négociée. Lors de sa visite en Iran, il rencontrera le président iranien et l'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la révolution islamique.
Au moment où les puissances occidentales envisagent donc d'imposer un nouveau train de sanctions contre l'Iran, des diplomates ont indiqué que Téhéran a déployé de nouveaux équipements susceptibles d'améliorer le processus d'enrichissement d'uranium dans le pays. L'Iran utilise actuellement une série ou une « cascade » de 164 centrifugeuses pour enrichir une petite quantité d'uranium à 20 %, selon le dernier rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique publié en février.
Pour des analystes, un système utilisant une seule cascade est inefficace puisqu'il produit une large proportion d'uranium faiblement enrichi (« low-enriched uranium », LEU). Ces dernières semaines, des responsables iraniens ont toutefois installé une seconde cascade dans l'usine pilote d'enrichissement d'uranium de Natanz afin de faciliter la réintroduction de l'uranium en surplus dans les machines et rendre ainsi plus efficace le processus. « La seconde cascade doit conforter le travail de la première », a indiqué un diplomate occidental. Le système n'est pas encore opérationnel, a-t-il ajouté. Face à cette situation, l'AIEA accentue la pression sur l'Iran pour obtenir un accès sans entrave à ses installations.
Aux yeux des dirigeants occidentaux, la décision iranienne d'enrichir à haut niveau l'uranium vise à terme à produire un uranium enrichi à 90 % capable de créer une bombe nucléaire. Téhéran fait état pour sa part d'une production limitée à 3 à 5 kg d'uranium enrichi à 20 % par mois. La proposition formulée par l'AIEA consiste à transférer la majeure partie de l'uranium faiblement enrichi dont l'Iran dispose en Russie et en France pour qu'il y soit converti en combustible afin d'alimenter le réacteur civil de Téhéran.


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