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Liban - La Situation

Saad Hariri en (pleine) ligne de mire...


En cette fin de semaine, il y a le micro : les deux rounds à venir dans le cadre du marathon municipal 2010, et le macro : le Liban dans son être-au-monde (ne préside-t-il pas le Conseil de sécurité jusqu'à la fin du mois ?) et dans sa sérénité (les dirigeants israéliens sont passés maîtres dans l'art du maniement de la douche écossaise). Rien ne dit qu'entre les deux, il n'y ait pas un dénominateur commun : Saad Hariri et la même volonté de lui nuire, d'une façon ou d'une autre.
Maintenant que sont passées les batailles du Mont-Liban, de Beyrouth et de la Békaa ; maintenant qu'il s'avère que la majorité, même si elle reste largement en tête, a vu son crédit quelque peu rogné, et que le 8 Mars a récupéré quelques points sans pour autant modifier en quoi que ce soit l'équation, toutes les énergies se (bi)polarisent au Nord, notamment à Zghorta et Batroun, et au Sud, principalement à Saïda et à Jezzine.
À Zghorta (où la bataille est désormais inéluctable entre Sleimane Frangié et Michel Moawad, fort du soutien FL), Batroun (où Sayed Akl partira flanqué de l'ensemble du 14 Mars contre Marcellino Harak appuyé par le CPL et les Marada, et où Gebran Bassil essaiera de faire comme Élie Skaff à Zahlé) et Jezzine (où Samir Azar, probablement soutenu par le 14 Mars, croisera le fer avec le CPL), l'enjeu est d'une simplicité enfantine : il s'agira de trancher, si tant est que cela intéresse encore quelqu'un ou que quelqu'un ait encore des doutes, entre Samir Geagea et Michel Aoun, de préciser une fois pour toutes où va la préférence électorale des chrétiens.
À Saïda et, dans une moindre mesure, à Tripoli, la question est de savoir si l'opposition sunnite réussira, comme dans quelques points assez isolés dans la Békaa, à percer la suprématie du Courant du futur - lequel ne semble pas disposé à céder la moindre parcelle de terrain. Les efforts de bons offices d'Amal et du Hezbollah, soucieux d'éviter une réédition de la bérézina de juin 2009 dans la capitale sudiste, pourraient être couronnés par l'annonce, aujourd'hui, de la liste présidée par Mohammad Saoudi et au sein de laquelle quatre noms proposés par Oussama Saad ont été rajoutés, sachant que si le chef de l'Organisation populaire nassérienne tient au consensus, il n'en reste pas moins férocement déterminé à ne pas se laisser faire, surtout après son échec aux législatives de l'an dernier : agit-il de son propre chef ou lui a-t-on demandé de rendre les choses aussi difficiles que possible pour Saad Hariri ?
La question se pose d'autant plus que la campagne locale entamée par l'intox, parue avant-hier dans as-Safir à propos des Scud, se poursuivra très probablement ces prochains jours et sera axée sur la visite qu'entreprendra le Premier ministre à la fin du mois aux États-Unis (sa rencontre avec Barack Obama a déjà fait couler davantage d'encre que les préparatifs des Libanais à la Coupe du monde de football) ; une visite que les diplomaties syrienne et iranienne voient d'un œil assez mauvais, ce qui a poussé le bureau de presse de Hariri à publier un démenti visant à lever toute équivoque de la part des Américains concernant la position officielle du Liban par rapport au trafic d'armes de la Syrie vers le Hezbollah.
Tout cela devrait très certainement se répercuter, avec les crispations que l'on imagine, sur le Conseil des ministres qui se tiendra aujourd'hui à Baabda sous la férule du chef de l'État - qui avait lui-même fait l'objet, rappelons-le, lorsqu'il s'était déplacé aux États-Unis il y a quelques mois, d'une campagne presque équivalente... Un Conseil des ministres à la base très délicat, puisque est prévue, au cœur de l'ordre du jour, l'hyperépineuse question du budget 2010, un nouveau travail d'Hercule pour Saad Hariri et sa ministre des Finances, la très diplomate Raya el-Hassan.

En cette fin de semaine, il y a le micro : les deux rounds à venir dans le cadre du marathon municipal 2010, et le macro : le Liban dans son être-au-monde (ne préside-t-il pas le Conseil de sécurité jusqu'à la fin du mois ?) et dans sa sérénité (les dirigeants israéliens sont passés maîtres dans l'art du maniement de la douche écossaise). Rien ne dit qu'entre les deux, il n'y ait pas un dénominateur commun : Saad Hariri et la même volonté de lui nuire, d'une façon ou d'une autre.Maintenant que sont passées les batailles du Mont-Liban, de Beyrouth et de la Békaa ; maintenant qu'il s'avère que la majorité, même si elle reste largement en tête, a vu son crédit...
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