La plupart des promoteurs de ces opérations tentent de cloner localement les systèmes monétaires traditionnels. Certaines d'entre elles s'écartent cependant des sentiers battus. C'est le cas notamment des « Ithaca Hours ». Les billets donnent le droit à des heures de travail ou à leur équivalent en biens ou services. Un centre scientifique vend ses adhésions et admissions en « heures » qui sont utilisées pour payer un archiviste qui les dépense pour payer son professeur d'espagnol qui achète avec les légumes du marchand du coin, etc.
Ce système alternatif ne date pas d'hier. Il est né avec la Grande Dépression de 1929 et a repris de la vigueur avec la crise actuelle. Il existe aujourd'hui plus de 70 monnaies du genre aux États-Unis. En Grande-Bretagne, dans l'Est Sussex, 130 commerces acceptent depuis 2009 les « Lewes Pound » et en Allemagne 200 magasins peuvent être payés à Magdebourg en « Urstromtaler ». En tout, il y aurait actuellement près de 2 500 monnaies alternatives en usage dans le monde.
Pour les économistes, tout cela n'est pas très sérieux. Ils affirment que la flexibilité et la portée géographique d'une vraie monnaie manquent à ces systèmes de paiement alternatif et que ceux-ci n'ont pas vraiment d'avenir. Reste que l'un des objectifs de la création de ces monnaies est justement de revenir à une conception plus locale des économies. L'un des fondateurs des « BerkShares » affirme ainsi : « Les problèmes auxquels fait face le système financier global inquiètent les gens. Ils ne savent pas comment les résoudre. Le système leur semble hors de contrôle. L'idée de voir les gens prendre la responsabilité de leur économie locale leur semble attirante. » D'autres estiment qu'il s'agit d'un moyen qui permettent de fixer la richesse dans les régions où elle est générée ou d'aider les petits commerces à faire face aux géants de la distribution. Plus encore, ces monnaies, alternatives créent du lien social et permettent aux gens en ces temps de crise de faire sens de leur situation grâce au dialogue. « Les heures d'Ithaca sont certes utilisées comme monnaie, mais elles ont un rôle qui dépasse cet aspect technique », déclare ainsi le directeur actuel de « Ithaca Hours ». « Lorsque quelqu'un me paye avec un chèque ou une carte de crédit, nous ne parlons pas. Si cette personne paye avec des "heures", nous entamons une conversation. » Les Ithaca Hours « créent de la camaraderie ... »
*Spécialiste en stratégie et théorie des organisations - Centre de recherche, d'études et de développement de l'ESA.
En coopération avec : ESA


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine