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Liban

Lorsque l’appareil de l’État sévit contre... les morts !

Les automobilistes empruntant l'autoroute Batroun-Jounieh ont été témoins hier d'une scène surréaliste et macabre, digne d'une république bananière : au niveau de Kfarabida, les FSI, à la demande du procureur du Liban-Nord, sont intervenues pour arrêter un convoi funèbre, formé d'une cinquantaine de voitures. Le corbillard et le cercueil ont ainsi été « saisis » et « immobilisés » (!)
sur place en pleine autoroute durant deux heures, sous un soleil de plomb, parce que les parents du défunt n'avaient pas réglé une facture d'un millier de dollars à l'hôpital de Batroun ! Les parents et amis du défunt - une victime de la route - qui transportaient le corps de Batroun à Beyrouth où il devait être enterré ont également été forcés d'attendre durant ces deux heures en plein soleil.
Le défunt, Élie Cherfane, 26 ans, originaire d'Achrafieh et habitant Bourj Hammoud, avait été victime dimanche après-midi dans la région de Batroun d'un grave accident de la route alors qu'il conduisait sa moto. Il avait été transporté à l'hôpital du Dr Émile Bitar à Batroun. L'établissement, sous contrat avec la Caisse nationale de Sécurité sociale, est géré par la Congrégation des religieuses de la Sainte-Famille maronite. Élie Cherfane est décédé peu de temps après son admission à l'hôpital.
Hier matin, la direction de l'hôpital a refusé de restituer le corps d'Élie Cherfane à ses proches - venus dans un important convoi funèbre de Beyrouth - avant qu'ils ne paient les frais d'hospitalisation. Des amis de la victime ont alors réagi en cassant du matériel aux urgences de l'hôpital, forçant la porte de la morgue et récupérant de force le corps d'Élie.
L'hôpital a porté plainte. À la demande du procureur du Liban-Nord, les FSI sont alors intervenues arrêtant le convoi funèbre. Forcé d'attendre sur l'autoroute derrière le corbillard transportant le corps de son fils, le père du jeune motard a eu un malaise et a perdu connaissance. Ce n'est que deux heures plus tard que les gendarmes ont laissé la famille et une partie du convoi partir. Un ami d'Élie Cherfane a été arrêté alors qu'un proche s'est présenté à la gendarmerie pour payer le matériel vandalisé à l'hôpital.
Jointe au téléphone par L'Orient-Le Jour, une source des FSI a souligné qu'« il faut cesser d'accuser les gendarmes de tous les maux, la décision d'intervenir ayant été prise par le procureur du Liban-Nord ». La direction de l'hôpital n'a pas voulu commenter l'affaire.
Face à cette affaire surréaliste, plusieurs interrogations s'imposent ? L'État et ses institutions en sont-ils réduits à s'en prendre... aux morts dans certaines régions, alors que dans d'autres régions l'État ne réagit même pas lorsque les forces de l'ordre sont agressées et « expulsées » lorsqu'elles ont « l'audace » de vouloir appliquer la loi à l'encontre de certains contrevenants protégés par les « forces de facto » ?
À qui la faute dans cette affaire macabre ? Aux FSI qui ont stoppé le convoi funèbre durant deux heures ? Au parquet qui a décidé de « saisir » un corbillard et un cercueil, et d'arrêter les proches d'un mort qui ont saccagé une salle d'urgences dans un hôpital parce qu'ils n'avaient pas les moyens de régler une facture impayée et que la direction de l'établissement refusait de livrer le corps du défunt ? Est-il concevable qu'un établissement hospitalier en vienne à réclamer la « saisie » d'un... cadavre et que le parquet s'exécute, sans songer aux conséquences ?
Plus rien ne choque au Liban, mais il reste que dans cette affaire, les « responsables » doivent une explication aux citoyens et à l'opinion publique, et doivent surtout justifier la politique de deux poids, deux mesures qui consiste à sévir contre les morts dans certaines régions et à garder le silence lorsque la dignité de l'État et de ses forces légales est bafouée dans d'autres régions par certaines forces de facto paraétatiques.
Les automobilistes empruntant l'autoroute Batroun-Jounieh ont été témoins hier d'une scène surréaliste et macabre, digne d'une république bananière : au niveau de Kfarabida, les FSI, à la demande du procureur du Liban-Nord, sont intervenues pour arrêter un convoi funèbre, formé d'une cinquantaine de voitures. Le corbillard et le cercueil ont ainsi été « saisis » et « immobilisés » (!)sur place en pleine autoroute durant deux heures, sous un soleil de plomb, parce que les parents du défunt n'avaient pas réglé une facture d'un millier de dollars à l'hôpital de Batroun ! Les parents et amis du défunt - une victime de la route - qui transportaient le corps...
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