Car avec une Ferrari légèrement en retrait par rapport aux Red Bull, meilleures voitures du plateau, et aux McLaren, Alonso visait très timidement le podium à Barcelone. « Faire quatrième était tout ce que nous pouvions viser », a-t-il expliqué, alors qu'il avait atteint ce rang en qualifications. Mais une sortie de piste assortie d'un problème de freins de Sebastian Vettel (Red Bull) en fin de course lui a permis de gagner une place. Puis Lewis Hamilton (McLaren), visiblement victime d'un problème de suspension, s'est écrasé contre un mur, sans dommage pour lui, dans l'avant-dernière boucle. « C'est une supersensation de gagner quelques positions dans les derniers tours de manière inattendue. Pour moi, le goût est encore meilleur que celui d'un dépassement », a-t-il commenté, rappelant avoir « obtenu plus qu'il ne pensait ». Contrasté, donc, pour l'Espagnol, le Grand Prix d'Espagne s'est avéré à l'image de son début de saison. À deux différences, de taille. La pluie, un temps attendue, n'a finalement pas perturbé la course. Et les Red Bull, avec la victoire de Mark Webber, ont obtenu un résultat conforme à leur valeur.
L'objectif reste le titre
Mais les défaillances de Vettel et de sa monoplace ont rappelé l'incapacité de l'écurie britannique à répondre présent au rendez-vous. Comme lors des quatre premières courses de la saison, où elles n'ont gagné qu'une fois, alors qu'elles avaient glané systématiquement la pole. « Red Bull va très bien. Red Bull est imbattable. Red Bull nous a mis une seconde. Mais on est devant eux au championnat ! » ironisait Alonso le week-end.
Et au classement constructeurs, McLaren (119 points) n'a que trois points d'avance sur Ferrari (116 contre 113 à Red Bull). Vettel et Webber, avec respectivement 60 et 53 points, sont, quant à eux, très proches de l'Espagnol (67). Mais l'avantage technique que possède Red Bull sur les autres monoplaces ne semble pas près de s'amenuiser. « On devrait être » au même niveau à Monaco, prochaine course du calendrier, a prédit l'Australien. Pour vaincre ce mauvais sort, Alonso, habituellement tourné vers le futur, préfère puiser sa force dans le passé. « L'an passé, Brawn GP a gagné 7 courses, et ensuite Red Bull les a rattrapés. À la fin, McLaren et Ferrari étaient en position de gagner. (...) Les différences qu'il y a en début de saison sont importantes, mais elles ne sont pas irrécupérables », a-t-il observé.
Et l'Espagnol d'assurer : « le championnat est encore long. Je pense que nous avons le package, la voiture pour gagner le championnat. Cela reste l'objectif. »


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