Les chiffres avancés par M. Baroud se présentent comme suit : inscrits à Beyrouth, 450 000, dans la Békaa et Baalbeck-Hermel, 550 000. Selon le ministre, le taux de participation à Beyrouth était de 21 % , avec un maximum à Mazraa (30 %) et un minimum à Minet el-Hosn (11 %).
Dans la Békaa, les chiffres officiels font état d'un taux de 49 %, qui se rapproche de la moyenne habituelle de 50 %. Dans cette région, le taux maximum a été enregistré à Zahlé (55 %), avec un minimum à Rachaya (43 %). Ce taux est d'autant plus respectable, a dit M. Baroud, que 54 du nombre total des municipalités en lice (155) ont été élues d'office.
Alors qu'il donnait les chiffres officiels, le ministre de l'Intérieur a voulu commenter le faible taux de participation des électeurs à Beyrouth, en affirmant que la proportionnelle aurait permis un relèvement certain de ce taux.
Les propos du ministre ont aussitôt suscité une vive réaction du député Ammar Houri, qui a qualifié M. Baroud de « jeune ministre qui en est au début de sa carrière politique », et lui a conseillé d'éviter de commettre de pareilles « erreurs irresponsables », s'il tient à la longévité de cette carrière. M. Houri a ajouté que M. Baroud est libre de ses opinions, mais qu'il aurait dû s'abstenir de les donner dans l'exercice de ses fonctions officielles, à un moment délicat où elles pouvaient être politiquement exploitées.
Plus tard en soirée, le ministre devait réagir en personne, soulignant qu'il « n'est pas un simple fonctionnaire chargé de lire des chiffres », et qu'en sa qualité de ministre il avait « constitutionnellement le droit d'émettre une opinion ». Il a ajouté que, de toute façon, il se considérait responsable vis-à-vis du président de la République.
Les plaintes
Il convient de signaler qu'au cours de sa conférence de presse, le ministre de l'Intérieur a précisé que le numéro d'urgence 1790 a reçu 1 300 appels, portant aussi bien sur des éclaircissements administratifs que sur des plaintes pour troubles ou achats de voix.
Conscient que la loi est insuffisante à ce sujet, Ziyad Baroud a ajouté que les parquets concernés ont quand même pris au sérieux toutes les plaintes déposées et agi aussi rapidement que possible. Résultat : 36 interpellations pour divers motifs de personnes appartenant à tous les horizons politiques, dont l'arrestation de 5 non-Libanais. Les personnes interpellées pour des motifs de sécurité, rixe, port d'armes sans permis, insultes, versements d'argent, confiscation de cartes d'identité, présence à l'intérieur des bureaux de vote, ont été pour la plupart libérées à la disparition des causes qui avaient provoqué les arrestations, a précisé le ministre.

