Le feu vert définitif de la zone euro au plan de sauvetage de la Grèce n’a apporté qu’un soulagement relatif aux Grecs, qui vont devoir endurer une cure d’austérité sans précédent, et les syndicats préparent déjà de nouvelles manifestations, notamment contre la réforme des retraites. Dimitar Dilkoff/AFP
Les ministres des Finances de l'ensemble des 27 pays de l'UE se sont réunis hier à Bruxelles avec l'objectif impératif de trouver une solution susceptible de convaincre les marchés financiers à l'ouverture ce matin, sous peine d'une nouvelle sanction immédiate.
Durant la journée, le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande, Angela Merkel, qui se sont entretenus hier par téléphone, ont « constaté leur accord complet sur les mesures qui seront annoncées » dimanche soir, a annoncé l'Élysée dans un communiqué. Le président français a par ailleurs convoqué dimanche soir à l'Élysée une réunion interministérielle pour faire le point de la situation avant l'ouverture des marchés lundi.
La réunion a été toutefois perturbée par l'annonce de l'hospitalisation à Bruxelles, peu après son arrivée, d'un participant-clé, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble.
Par ailleurs, la crise est en train de prendre une dimension internationale. Le président américain Barack Obama appelé hier la chancelière allemande Angela Merkel, pour la deuxième fois en trois jours, pour réclamer « des mesures énergiques pour redonner confiance aux marchés », a indiqué la Maison-Blanche.
Les grands argentiers européens, convoqués en urgence à la suite du sommet vendredi soir de leurs dirigeants, ont examiné une proposition de la Commission européenne. Celle-ci prévoit la mise sur pied d'un mécanisme « de stabilisation de la zone euro » passant notamment par la mise à disposition par la Commission européenne de prêts de 60 milliards d'euros. Un tel dispositif existe déjà pour les pays de l'UE non membres de la zone euro, avec une enveloppe de 50 milliards d'euros. Elle serait donc étendue à 110 milliards d'euros, avec la garantie nécessaire des États, et ouverte ainsi à tous, selon une source diplomatique. En échange, les pays de la zone euro qui en bénéficieraient devraient respecter de strictes conditions de gestion budgétaire.
Pour mettre en place le Fonds de soutien aux pays de la zone euro, il est nécessaire d'obtenir l'approbation d'une majorité suffisante des ministres des Finances de l'ensemble de l'Union européenne, car il ferait appel à un outil communautaire, concernant donc les 27 pays. La Grande-Bretagne, qui ne fait pas partie de la zone euro, a signifié qu'elle n'apporterait pas sa garantie à des prêts pour des pays utilisant la monnaie unique, même si elle ne bloquera pas le mécanisme sur le principe.
Parallèlement, le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé un prêt à la Grèce de 30 milliards d'euros sur trois ans, a-t-il annoncé hier dans un communiqué, à l'issue d'une réunion de son conseil d'administration. « Le FMI rend 5,5 milliards d'euros disponibles immédiatement pour la Grèce dans le cadre de son effort financier conjoint avec l'Union européenne, pour une aide financière combinée immédiate de 20 milliards », précise-t-il. En 2010, « le total de l'aide du FMI va s'élever à environ 10 milliards d'euros aux côtés d'environ 30 milliards d'euros promis par l'Union européenne », ajoute-t-il.
Le FMI et les pays de la zone euro ont promis au total à la Grèce une aide sans précédent de 110 milliards d'euros sur trois ans - 80 milliards apportés par les pays européens et 30 milliards par le FMI - pour l'aider à faire face à sa crise budgétaire. Cette enveloppe vise à éviter la banqueroute à la Grèce, confrontée à une dette colossale de plus de 300 milliards d'euros et dans l'incapacité aujourd'hui d'emprunter sur les marchés financiers. Ceux-ci exigent d'elle des taux d'intérêt trop élevés, de plus de 10 %.
Des économies de 30 milliards d'euros doivent permettre de ramener le déficit public abyssal de la Grèce sous les 3 % du produit intérieur brut (PIB), la limite européenne, d'ici à la fin 2014.
« La mesure forte prise par le FMI aujourd'hui (dimanche) pour soutenir la Grèce va contribuer au vaste effort international en cours pour aider à stabiliser la zone euro et à assurer la reprise de l'économie mondiale », a souligné le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn dans le communiqué.
« Le gouvernement grec doit être salué pour engager un ensemble de mesures historique qui donnera à cette fière nation une chance de dépasser ses problèmes actuels et d'assurer un meilleur avenir pour le peuple grec », a ajouté M. Strauss-Kahn.


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