L'Espagnol sait de quoi il parle. Vainqueur à Bahreïn d'une course qu'il n'aurait jamais remportée sans l'abandon de Vettel, le pilote Ferrari a cassé son moteur en Australie. Puis il a effectué deux fantastiques remontées en Malaisie et en Chine, terminant deux fois quatrième. Avec 49 points, Alonso est pour l'instant 3e du général, à 11 longueurs du leader Jenson Button, ce qui ne l'inquiète pas outre mesure. « Je crois qu'il y a certains pilotes sur lesquels il faut garder le contrôle et d'autres auxquels on peut laisser une marge », avait observé le double champion.
« J'ai toujours dit que Hamilton, Vettel ou Michael (Schumacher), ou Felipe (Massa) peuvent se battre pour le titre. Button ne l'a pas gagné par hasard l'an dernier. Et maintenant, il mène le championnat sur son propre mérite. Mais si tous les pilotes sont respectables, il y en a deux ou trois que je tiens plus à l'œil. »
Le champion en titre appréciera... Tout comme il avait dû goûter la pique de Flavio Briatore, l'ancien patron de Renault, sorti de la F1 par la petite porte l'an dernier, qui a affirmé qu'il « ne faisait pas partie des cinq meilleurs pilotes » du plateau.
Nanti de deux victoires, Jenson Button, passé de Brawn GP - désormais Mercedes - à McLaren durant l'intersaison, réalise toutefois un début de saison exceptionnel. Même s'il reconnaît que son classement et surtout la marge dont il dispose sur ses adversaires sont trompeurs. « Une avance de 10 points, c'est comme une avance de 4 avec le barème d'avant (NDLR : en 2009, le vainqueur marquait 10 unités, le second 8, le troisième 6, quand le barème 2010 leur en accorde 25, 18 et 15). Mon avance n'est pas ce qu'elle paraît », a admis jeudi le vainqueur du GP d'Espagne 2009.
Avantage technique pour Red Bull
« Les choses peuvent beaucoup changer après seulement une course. Nous n'avons pas la meilleure voiture, mais nous sommes les pilotes qui avons marqué le plus de points », a-t-il simplement remarqué, espérant pouvoir « challenger les Red Bull » dès Barcelone.Ces mêmes Red Bull doivent, elles, faire oublier leur début de saison catastrophique. Sebastian Vettel et Mark Webber, qui disposent apparemment de la meilleure voiture, n'ont réussi à remporter qu'une seule des quatre premières courses, malgré quatre pole positions sur la grille de départ.« Il y a eu beaucoup de hauts et de bas, a observé Vettel, 5e au général. Nous n'avons qu'une seule victoire, mais au final, c'est du passé. Nous ne pouvons rien y faire. Nous devons regarder devant nous. D'abord ce week-end. Ce qui viendra ensuite n'a aucune importance. »
Et quid de l'avantage technique de Red Bull sur la concurrence, alors que les écuries, plus proches de leurs bases une fois en Europe, accélèrent le développement de leurs monoplaces ? « J'ai été chez le coiffeur, j'ai vu que Fernando l'a été aussi. Mais on m'a coupé plus de cheveux. J'espère que notre voiture aura fait un plus grand pas en avant que la sienne. Et que nous pourrons rester devant. » Vettel, au sommet de sa métaphore, ne craint personne.


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