Deux erreurs de concentration fatales contre Lille et à Lyon en Ligue des champions, des prestations moins abouties contre Marseille, Nancy ou Paris : le couperet est tombé pour le massif Ciani, mis au ban par Laurent Blanc en quête de certitudes défensives dans la tourmente girondine.
« Il a fait ses choix, il y a des raisons, ce n'est pas à moi de discuter, explique l'ancien Lorientais. Je suis un compétiteur, je ne le prends pas avec le sourire, je ne suis pas heureux d'être sur le banc. Mais cela m'a permis de me remettre en question, de travailler et d'être meilleur. »
Être meilleur, voilà ce dont a besoin le secteur défensif bordelais, décimé par les blessures, abandonné par la confiance et un réalisme qui faisaient sa force l'an dernier.
Depuis un mois, Blanc, privé de Marc Planus, son leader naturel dans l'axe, cherche la bonne formule, tâtonne en essayant les roulements à trois (Ciani, Henrique, Sané) sans parvenir à trouver l'équilibre.
Du coup, la mise à l'écart de Ciani ne doit pas être uniquement perçue comme une punition. « C'est tout un collectif, tout le monde ne va pas bien aujourd'hui, justifie le joueur. Ce n'est pas Ciani qui fait perdre Bordeaux, on ne marque plus, on prend des buts, je ne me rends pas responsable de tout. On sortira la tête de l'eau ensemble, mais ça ne vient pas comme ça. »
« Une faim énorme »
Dans l'esprit du technicien bordelais, c'est plus un besoin de souffler, physiquement mais aussi mentalement après tout ce qui est arrivé en quelques mois au néo-bordelais, 26 ans, triple buteur en C1 cette saison.
« C'est vrai que cela a été très rapide, mais je ne m'en plains pas, précise Ciani. Je suis supercontent d'avoir vécu tout ça, mais tout est venu d'un coup et pour gérer tout ça, c'est difficile. Je sors de Lorient, un bon club, moyen, j'arrive chez les champions de France, beaucoup de choses se sont passées, première Ligue des champions, premier appel en équipe de France... »
Justement, ce match avec les Bleus contre l'Espagne, cadeau empoisonné vu le contexte ont pensé certains, explication du moins bien qui a suivi. Ciani réfute cette idée. « Cela m'a fait du bien, j'étais content d'être en équipe de France, content d'être titulaire, cela m'a permis d'avoir un autre statut. »
« Je suis venu à Bordeaux pour avoir des titres, j'ai tout frôlé et je n'ai pas eu grand-chose (trophée des champions 2009), résume-t-il, rappelant que ce n'est que la première saison. Il faut se battre pour obtenir la Ligue des champions, c'est important pour le club et après on verra la saison prochaine. »
Les Girondins ont cinq matches pour se retrouver, rebondir et sauver les apparences. Pour cela, ils pourront compter sur le robuste défenseur, à « la faim énorme ».
« J'ai envie de rejouer, montrer que ce n'était qu'un accident et redevenir solide défensivement, c'était une grande force en première partie de saison. Si on ne prend pas de but, on ne perd pas les matches. Tout le monde compte sur une bonne défense, cela fera repartir le groupe sur le bon chemin », espère-t-il.


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