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Moyen Orient et Monde - Diplomatie

Flotte russe en Crimée : foire d’empoigne au Parlement ukrainien

Moscou propose à Kiev d'unir leurs industries nucléaires civiles.

Des députés se battant comme des chiffonniers… Le Parlement ukrainien s’est transformé hier en arène. Sergeï Supinsky/AFP

L'accord controversé sur le maintien jusqu'en 2042 de la flotte russe en Crimée a été ratifié hier par les Parlements ukrainien et russe, lors d'un vote rocambolesque émaillé d'incidents à Kiev où l'opposition pro-occidentale s'inquiète pour la souveraineté du pays.
Lancers de fumigènes, volées d'œufs, coups de poing et morsures : l'hémicycle ukrainien s'est transformé en foire d'empoigne entre députés de l'opposition pro-occidentale et la majorité du président Viktor Ianoukovitch, favorable à la ratification du texte. Le président du Parlement, Volodymyr Litvine, malgré cette fronde spectaculaire, n'a pas interrompu la séance, animant les débats abrité derrière des parapluies noirs, alors que certains de ses collègues, les visages rouges de colère, tentaient de s'assommer ou de s'étrangler dans une salle enfumée. Malgré ces péripéties, 236 des 450 députés ukrainiens ont validé l'accord, qui prévoit le maintien jusqu'en 2042 de la flotte russe de la mer Noire stationnée en Crimée, en échange d'une considérable ristourne sur le prix du gaz russe pour l'Ukraine.
Des milliers de partisans de l'opposition ont par ailleurs manifesté dans la matinée devant le siège du Parlement pour dénoncer l'accord, clamant notamment : « La flotte de Moscou, dehors ! » L'ex-Premier ministre ukrainien, Ioulia Timochenko, leur a d'ailleurs juré de continuer la lutte et a appelé à une vaste manifestation le 11 mai à Kiev. « Aujourd'hui, nous commençons à unir tout le pays pour que, le 11 mai, les gens se rassemblent (...) pour bloquer le travail du Parlement et obtenir des élections anticipées », a déclaré la candidate à l'élection présidentielle de février remportée par M. Ianoukovitch.
Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, s'est, lui, réjoui du succès du vote, fustigeant au passage les opposants pro-occidentaux qui voient dans ce texte un acte de trahison, une tentative de brader la souveraineté du pays. « Malgré les sorties de hooligans de l'opposition (...), la situation en Ukraine commence à se stabiliser », a déclaré M. Poutine lors d'une réunion à Sotchi. « Ce qui s'est passé aujourd'hui à Kiev envoie deux signaux : le nouveau pouvoir ukrainien a l'intention de construire une nouvelle relation avec la Russie et est prêt à consolider la société » ukrainienne, a-t-il poursuivi. Le président russe, Dmitri Medvedev, a lui aussi salué le vote depuis Oslo, jugeant que « la raison l'avait emporté (...) sur les émotions ». En outre, M. Poutine a proposé à l'Ukraine d'unir à terme les importantes industries nucléaires civiles des deux pays. M. Ianoukovitch a qualifié la proposition « d'intéressante » et indiqué qu'il en avait déjà discuté avec son homologue Dmitri Medvedev au cours de l'une de leurs récentes rencontres.
À Moscou, la ratification de l'accord a été votée sans surprise et dans le calme par la Douma (Chambre basse du Parlement) par 410 voix pour et aucune contre. Le texte doit être examiné mercredi - et très probablement adopté - par le Conseil de la fédération (Chambre haute).
La ratification parlementaire fait suite à l'accord conclu mercredi dernier entre les présidents russe et ukrainien. Il prévoit une prolongation de 25 ans du bail de la base de la flotte russe de la mer Noire en Crimée, qui devait expirer en 2017. Kiev obtient en échange un rabais de 30 % sur ses importations de gaz russe, ce qui devrait constituer une véritable bouffée d'oxygène pour ce pays mis quasiment à genoux par la crise économique. Dans un discours à Strasbourg devant le Conseil de l'Europe, M. Ianoukovitch a assuré que ce rapprochement avec Moscou ne se ferait pas aux dépens de l'Europe. « Nous sommes déterminés à pratiquer les valeurs européennes, une action qui doit aller de pair avec le rétablissement de meilleures relations avec d'autres interlocuteurs », a-t-il expliqué.
L'accord controversé sur le maintien jusqu'en 2042 de la flotte russe en Crimée a été ratifié hier par les Parlements ukrainien et russe, lors d'un vote rocambolesque émaillé d'incidents à Kiev où l'opposition pro-occidentale s'inquiète pour la souveraineté du pays.Lancers de fumigènes, volées d'œufs, coups de poing et morsures : l'hémicycle ukrainien s'est transformé en foire d'empoigne entre députés de l'opposition pro-occidentale et la majorité du président Viktor Ianoukovitch, favorable à la ratification du texte. Le président du Parlement, Volodymyr Litvine, malgré cette fronde spectaculaire, n'a pas interrompu la séance, animant les débats abrité...
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