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Municipales 2010 : l'enjeu - Municipales

Jusqu’au bout, Deir el-Qamar tentera de trouver la voie du consensus

Si la troisième réunion de Saydet el-Tell n'aboutit pas à la mise en place d'une liste unique à Deir el-Qamar, ce sont trois candidats qui s'opposeront lors des municipales : Fadi Honein, actuel président de municipalité soutenu par le 14 Mars et principalement par le PNL, Nagi Boustany soutenu par le 8 Mars et l'ancien officier Adonis Nehmé soutenu par l'ancien président de la République Émile Lahoud.


Évoquer le dossier des municipales à Beiteddine et Damour, c'est aussi aborder inévitablement la présence chrétienne dans le Chouf et le besoin presque vital de redynamiser la région par le biais de projets ayant en ligne de mire le développement local.
Si concrètement la bataille semble s'annoncer rude, il reste que les responsables des différents camps ont tous affiché une volonté de parvenir à un consensus. Celui-ci, s'il s'est en effet un temps avéré possible à Deir el-Qamar, à Damour en revanche, c'est vers une bataille sans pitié que se dirigent les listes rivales. Sur ce point, l'ancien député Ghattas Khoury avoue d'ailleurs « ne pas comprendre à quel jeu se livrent les chrétiens de Damour ».
Le député et chef du Parti national libéral Dory Chamoun, dont le parti préside actuellement la municipalité de Deir el-Qamar, estime quant à lui que de manière générale, « les jeux sont faits d'avance ». « Ce sont les mêmes alliances qui se reproduisent, malgré de menus changements dans certaines localités pour des considérations familiales ou claniques », explique-t-il. Car il faut bien entendu distinguer les municipales des législatives. Ces dernières sont éminemment politiques, alors que les premières peuvent être le théâtre d'alliances « de circonstance ». « On s'allie avec tel ou tel uniquement pour pouvoir passer, pour être élu. Dans cette optique, même une alliance avec le diable est admise », affirme M. Chamoun qui cite en exemple le Metn « où une alliance entre le 14 Mars et le Courant patriotique libre est possible ». Idem à Jounieh, où une entente entre ces deux courants en principe rivaux a également été trouvée.
À Deir el-Qamar, où trois candidats s'affrontent, « tout est en train d'être fait pour éviter une bataille électorale », explique Dory Chamoun, qui dit souhaiter pouvoir aboutir à une liste unique. « Aux dernières élections, nous n'avons pas réussi à former une telle liste, aujourd'hui nous sommes en pleines tractations », ajoute-t-il. À cet égard, une source proche du parti des Forces libanaises indique que deux réunions ont d'ores et déjà eu lieu à l'église Saydet el-Tell de Deir el-Qamar dans le but de parvenir à un consensus, en vain. Une troisième réunion est prévue vendredi, soit après la clôture du dépôt des candidatures, dans l'espoir de parvenir à un résultat concret. La source poursuit : « Nous avons œuvré pour l'entente entre les différentes parties à Deir el-Qamar. Nous voulons mettre en place une liste de 18 personnes et les portes sont toujours ouvertes, jusqu'au dernier moment, pour aboutir à un résultat positif. Nous devrions faire un grand effort pour y parvenir. » « Il est de notre devoir de parvenir à une entente, car celle-ci représente une meilleure solution que les élections. Elle permet en outre à de nombreuses personnes valables de se présenter, cette échéance n'étant pas politique, et devant être axée d'abord et avant tout sur le développement local », poursuit la source précitée. Celle-ci précise que les FL mènent dans cette localité « la bataille de l'entente ». « Si d'autres préparent leur bataille, cela est tout à fait légitime. Mais pour nous, un retour chrétien au Chouf est prioritaire. Or cela est aujourd'hui rendu très difficile car les habitants sont confrontés à des tas de problèmes qu'un consensus pourrait permettre de résoudre », explique-t-elle encore.
Sur ce point, M. Chamoun est entièrement d'accord. « À Deir el-Qamar, nos dissensions politiques sont exploitées par les étrangers », note-t-il non sans amertume. « On ne peut pas parler de développement local en l'absence de rentrées locales. Nous sommes condamnés à la mendicité. Il n'y a qu'un petit hôtel dans la région, or cela est insuffisant et ne correspond pas aux capacités touristiques de la localité. Celle-ci est culturellement très riche, n'est pas loin de la capitale et devrait attirer les investisseurs. Mais ceux-ci se montrent frileux depuis la guerre de juillet. De plus, il n'y a aucune industrie, aucun commerce ni aucune infrastructure touristique dans le village. Ce n'est que récemment que le premier restaurant ouvert été comme hiver a été inauguré », martèle le député PNL. Et pour cause, la population de la région, qui compte 4 000 personnes, atteint un maximum de 1 500 âmes en hiver. En été, ce sont environ 3 000 personnes qui reviennent au village.
Si  les négociations échouent, ce sont donc trois candidats qui devront s'affronter dans la course à la présidence de la municipalité : Fadi Honein, actuel président de municipalité soutenu par le 14 Mars et principalement par le PNL, Nagi Boustany soutenu par le 8 Mars et Adonis Nehmé soutenu par l'ancien président de la République Émile Lahoud.
L'ancien député Mario Aoun s'attarde lui aussi sur l'aspect développemental, mais tient quant à lui à mettre en relief « les contradictions qui continuent d'exister entre les différentes parties ». En dépit de ce qu'il estime être la réalité sur le terrain, il tient à souligner la volonté du Courant patriotique libre à se montrer « consensuel jusqu'au bout, car il convient de préserver un climat cordial et amical entre les habitants ». Cette volonté affichée par le CPL ne l'empêche pas de désigner certaines parties qui continuent d'œuvrer pour qu'une bataille électorale en bonne et due forme ait lieu. Concernant les réunions de Saydet el-Tell, il affirme que le CPL était à cet égard « très optimiste » et adoptait une attitude « très ouverte, contrairement aux autres ». Ainsi, selon M. Aoun, le CPL ne verrait pas d'un mauvais œil une alliance avec le candidat du 14 Mars, pour peu qu'il puisse poser un minimum de conditions à son avantage.

Affrontement à Damour
À Damour, la situation est tout autre. Exit le consensus et l'entente cordiale, place à l'affrontement électoral pur jus. Deux listes s'affrontent : celle menée par l'actuel président de la municipalité Charles Ghafari et celle présidée par l'ancien général Farid Abou Merhi. Mario Aoun n'exclut pas, là aussi, une alliance avec M. Ghafari. Ce dernier a, selon Mario Aoun, toutes les chances de remporter le scrutin et la liste qu'il préside comporterait au moins 2 candidats du CPL. La source FL précitée confirme les propos de M. Aoun : « La liste de M. Ghafari fait l'objet d'une entente assez large et la liste qu'il devrait présider regroupe plusieurs forces. Celle-ci est encore en gestation, mais de manière générale, la région se prépare à la bataille, même si la situation de Ghafari semble bonne. » Quant à une éventuelle alliance des FL avec M. Ghafari, « la décision n'a pas encore été prise, elle devrait se faire connaître dans les prochaines heures, même si les FL se sentent proches de l'actuel président de municipalité de Damour ».
Interrogé, l'ancien député Ghattas Khoury dénonce quant à lui le manque d'intérêt des pouvoirs publics pour les zones rurales et l'absence de plans de développement à long terme. Il s'insurge aussi contre l'absence de consensus entre parties chrétiennes à Damour : « Je ne comprends pas ce qui s'y passe. C'est une bataille de survie, la bataille de la présence chrétienne dans le Chouf. »
Évoquer le dossier des municipales à Beiteddine et Damour, c'est aussi aborder inévitablement la présence chrétienne dans le Chouf et le besoin presque vital de redynamiser la région par le biais de projets ayant en ligne de mire le développement local.Si concrètement la bataille semble s'annoncer rude, il reste que les responsables des différents camps ont tous affiché une volonté de parvenir à un consensus. Celui-ci, s'il s'est en effet un temps avéré possible à Deir el-Qamar, à Damour en revanche, c'est vers une bataille sans pitié que se dirigent les listes rivales. Sur ce point, l'ancien député Ghattas Khoury avoue d'ailleurs « ne pas comprendre à quel jeu se livrent les ...