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Municipales 2010 : l'enjeu

Le Mont-Liban, première étape du marathon électoral

Près de 800 000 inscrits sont appelés demain dimanche à élire leurs conseillers municipaux et leurs moukhtars dans les villes et villages du Mont-Liban, à l'issue d'une campagne électorale qui, de façon quasi générale, aura été vidée de toute substance politique et, du coup, de tout débat de fond sur les programmes et les choix fondamentaux de développement.
C'est la première étape d'un marathon municipal qui s'étalera sur quatre dimanches couvrant tout le mois de mai, à l'exception d'une « relâche » le 16.
Pour un total de 313 municipalités dans les six cazas du mohafazat du Mont-Liban, 7 507 candidats se disputeront 3 528 sièges de conseiller municipal, soit en moyenne un peu plus de deux candidats par siège. Il n'y a donc pas à proprement parler de pléthore de candidats, la multiplication des listes consensuelles ayant probablement eu un caractère dissuasif à cet égard. Il convient d'ailleurs de préciser que dans un certain nombre de localités, les conseils municipaux sont d'ores et déjà considérés comme élus d'office du fait de l'absence de tout concurrent.
Les réformes ayant été ajournées, le mode de scrutin en vigueur depuis 1998 restera le même, à savoir la formule majoritaire simple. Dans une municipalité où, par exemple, 12 sièges sont à pourvoir, les douze candidats arrivés en tête seront élus, indépendamment de leur appartenance à telle ou telle autre liste.
Mais à la différence de ce qui est prévu pour les législatives, la loi sur les élections municipales ne prévoit pas de répartition des sièges sur la base des quotas confessionnels. Toutefois, dans les localités mixtes, les forces politiques en présence s'efforcent de préserver l'équilibre confessionnel au niveau des candidatures, parfois même au détriment de l'évolution démographique. C'est le cas bien entendu à Beyrouth, où la règle des 12/12 (12 chrétiens, 12 musulmans) est considérée comme sacro-sainte), et, pour prendre une ville du Mont-Liban, à Aley, où le rapport est de 11 sièges pour les druzes et 7 pour les chrétiens, alors même que ces derniers ne forment plus que quelque 30 % des inscrits.
À l'arrivée, cependant, rien ne garantit, en théorie, que l'équilibre recherché sera retrouvé, les électeurs ayant la possibilité de voter pour qui ils veulent, indépendamment de toute considération communautaire.
En réalité, ce qui se passe le plus souvent, c'est que l'équilibre finit par être préservé là où une liste est suffisamment forte pour que tous ses membres soient élus. Dans les localités où se présentent deux listes de force égale, le tableau sera évidemment différent.
Sur les 7 507 candidats qui se présentent au Mont-Liban, 7 041 sont des hommes et seulement 466 des femmes, soit un rapport de 93,8 % à 6,2 %. L'image éminemment patriarcale des assemblées et conseils élus au Liban n'est donc pas près de s'estomper.
Mais ces chiffres cachent de très légères disparités au niveau des diverses régions. Ainsi, le plus « féministe » (ou plutôt le moins machiste) des cazas du Mont-Liban est sans conteste le Metn, où 1 304 hommes et 129 femmes se présentent au scrutin, soit un rapport de 91 % à 9 %. En sens inverse, c'est le Chouf qui détient le titre du caza le plus « misogyne » avec 1 555 candidats et 76 candidates, soit un rapport de 95,1 % à 4,9 %.
La tendance est aggravée au niveau des candidatures au scrutin des moukhtars, avec 1 669 hommes se présentant dans tout le mohafazat et seulement 41 femmes.
Sur le plan politique, à l'exception de quelques batailles localisées qui reflètent le clivage fondamental dans le pays, les scrutins dans la plupart des localités du mohafazat revêtent un caractère hybride, en raison de l'enchevêtrement de nombreuses considérations individuelles, familiales, claniques, sectaires, professionnelles, etc.
Le concept quelque peu primaire de « qui lave plus blanc » prend globalement le dessus sur les différences politiques fondamentales. Ce phénomène est accentué par le comportement des candidats eux-mêmes, qui s'efforcent, tant par les appellations fantaisistes données aux listes que par leurs prises de position publiques, de cacher leur affiliation politique quand elle existe ou alors celle des partis qui les soutiennent.
Toujours est-il que dans nombre de localités, l'image qui restera ancrée dans les esprits est celle de la dispersion des troupes partisanes elles-mêmes : CPL contre CPL, FL contre FL, etc., l'individualisme paraît toujours triomphant au Liban. Le fait que cette tendance ne soit pas l'exception, mais plutôt la règle, risque bien évidemment de se répercuter négativement sur la transparence des résultats. Mais, bien plus important encore, elle est annonciatrice de remous futurs à l'intérieur de chacune des grandes formations politiques.
Il reste cependant que, comme il a été dit plus haut, quelques batailles politiquement claires (14 Mars contre 8 Mars) sont à l'ordre du jour ici et là, la plus importante se jouant incontestablement à Jbeil. Ce sont, en effet, les résultats du scrutin dans cette ville qui donneront dimanche soir une idée de l'état d'esprit actuel de l'opinion chrétienne.
Ailleurs, il sera aussi intéressant de suivre les scores dans les quelques villages druzes où des candidats du PSP se sont rebellés contre le consensus « bulldozérien » joumblatto-arslanien.
C'est la première étape d'un marathon municipal qui s'étalera sur quatre dimanches couvrant tout le mois de mai, à l'exception d'une « relâche » le 16.Pour un total de 313 municipalités dans les six cazas du mohafazat du Mont-Liban, 7 507 candidats se disputeront 3 528 sièges de conseiller municipal, soit en moyenne un peu plus de deux candidats par siège. Il n'y a donc pas à proprement parler de pléthore de candidats, la multiplication des listes consensuelles ayant probablement eu un caractère dissuasif à cet égard. Il convient d'ailleurs de préciser que dans un certain nombre de localités, les conseils municipaux sont d'ores et déjà considérés comme élus d'office du...