Les partisans du président Omar el-Béchir ont fêté sa victoire dans le calme un peu partout dans le pays.Ashraf Shazly/AFP
M. Béchir s'est engagé à organiser en janvier 2011 comme prévu un référendum sur l'indépendance du Sud-Soudan, conformément à l'accord de paix qui a mis fin en 2005 à 21 ans de guerre civile. « Je confirme que nous allons mettre en œuvre le référendum à la date précise et on va continuer à œuvrer pour la paix au Darfour », a-t-il dit lors d'une allocution télévisée.
Le président de la région semi-autonome du Sud-Soudan, Salva Kiir, a également conservé son poste lors d'un scrutin séparé, selon la commission électorale; il a recueilli 92,9 % des voix. Son unique rival était Lam Akol, un ancien chef de la diplomatie soudanaise (2005-2007) qui n'a obtenu que 7,01 % des voix.
Les succès des deux présidents sortants ont été fêtés dans le calme un peu partout dans le pays.
M. Béchir souhaitait une victoire sans équivoque afin de faire un pied-de-nez à l'Occident et à la Cour pénale internationale (CPI) qui a émis l'an dernier un mandat d'arrêt contre lui pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour. Cette région de l'ouest du Soudan est le théâtre depuis sept ans d'une guerre civile complexe à l'origine de 300 000 morts selon des estimations de l'ONU - un bilan contesté par Khartoum qui évoque 10 000 décès - et 2,7 millions de personnes déplacées dans des camps. L'élection du président Béchir « prouvera que les allégations contre lui sont fausses », avait indiqué la semaine dernière son conseiller, Nafie Ali Nafie.
L'Égypte a félicité M. Béchir pour sa victoire, qualifiée de « pas important vers l'application d'une paix globale », alors que l'Union africaine appelait les Soudanais à trouver « la sagesse de progresser dans (...) la transformation démocratique du pays ». Mais les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne ont rappelé au président réélu que « l'impunité des crimes internationaux les plus graves est et demeure inacceptable ». Human Rights Watch a également dénoncé « la répression politique et les violations des droits de l'homme (qui) ont sapé le caractère libre et équitable du scrutin dans tout le Soudan ».
Les premières élections - législatives, régionales et présidentielle - multipartites depuis 1986 ont été marquées par le boycottage d'une partie importante de l'opposition, des accusations de fraudes et des problèmes techniques. Les observateurs de l'Union européenne et de la fondation américaine Carter ont estimé qu'elles ne répondaient pas aux « normes internationales » et ont souhaité des améliorations de la part des autorités du Sud-Soudan, région où de nombreux cas de fraudes et d'intimidations ont été enregistrés, en vue du référendum de janvier.

