Dans cette photo d’archives non datée, Oscar Niemeyer observe la maquette de ce qui sera la future capitale du Brésil. Brasilia est classée au patrimoine de l’humanité depuis 1987. Photo AFP
Patrimoine de l'humanité depuis 1987, Brasilia - une œuvre conjointe imaginée par l'urbaniste Lucio Costa, le paysagiste Roberto Burle Marx et l'architecte Niemeyer - a été inaugurée le 21 avril 1960. La nouvelle capitale du Brésil, qui symbolisait un vieux rêve d'union nationale au centre du vaste pays, a été rendue célèbre dans le monde entier grâce à ses bâtiments conçus par Niemeyer. « J'ai l'impression de débarquer sur une planète différente, pas sur la terre », avait déclaré le cosmonaute russe Youri Gagarine en arrivant à Brasilia en 1961. Le Parlement, avec ses deux demi-sphères inversées, ainsi que la cathédrale sont devenus immédiatement des symboles du géant sud-américain, tout comme le palais du Planalto (siège de la présidence) et ses arcades en marbre donnant l'impression d'être à peine posé sur le sol, et encore le palais de l'Itamaraty (le ministère des Affaires étrangères) semblant flotter sur un étang. Toutes ces constructions, qui paraissent défier la gravité, sont caractéristiques du trait de Niemeyer.
Située sur un haut plateau aride, à plus de 1 000 mètres au-dessus du niveau de la mer, Brasilia a été imaginée dès le XIXe siècle quand a surgi l'idée de rééquilibrer au profit de l'intérieur cet immense pays au littoral surpeuplé. C'est en 1955 que le président Juscelino Kubitschek donnera finalement le coup d'envoi à la construction de la nouvelle capitale, et cinq ans après, la ville était inaugurée en un temps record. Planifiée pour avoir 600 000 habitants en l'an 2000, Brasilia en compte aujourd'hui cinq fois plus et le rêve a parfois tourné au cauchemar car elle symbolise aussi les problèmes sociaux du Brésil et sa discrimination criante. Tandis qu'elle abrite essentiellement une population de fonctionnaires, les classes populaires qui y travaillent s'entassent dans des bidonvilles autour de la ville. « Les profondes disparités sociales de la nouvelle capitale m'attristent énormément », a confié Niemeyer à l'AFP.
Ses détracteurs critiquent le « tout-voiture » - une obligation dans cette ville sans trottoirs où personne ne marche - et ses embouteillages, le cloisonnement des activités (le quartier des bureaux, des hôtels, des loisirs, des commerces...), ses immenses espaces vides et ses mornes fins de semaine que fuient tous ceux qui le peuvent. Néanmoins, nombre d'habitants apprécient aussi sa tranquillité et sa sécurité. Et, souvent, les jeunes qui y sont nés n'imaginent pas vivre ailleurs.


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