« Les dirigeants du gouvernement d'union (formé en février 2009 avec l'ancienne opposition) vous exhortent à cesser tout acte de violence », a déclaré le président, âgé de 86 ans dont 30 au pouvoir marqués par des atteintes aux droits de l'homme. « Nous, Zimbabwéens, devons entretenir un climat de tolérance et traiter les autres avec dignité et respect, quels que soient leur âge, leur sexe, leur race, leur ethnie et leur appartenance religieuse ou politique », a-t-il dit lors de ce discours retransmis par la radiotélévision nationale.
Ces propos, tenus en présence du Premier ministre Morgan Tsvangirai, ennemi d'hier avec lequel le plus vieux président d'Afrique est contraint de partager le pouvoir, tranchent avec ses coutumières dénonciations enflammées. « Ce sont des déclarations très positives », a estimé le porte-parole du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) de M. Tsvangirai, Nelson Chamisa. « Il reste maintenant à les mettre en œuvre », a-t-il ajouté.
Le gouvernement d'union, formé sous la pression de l'Afrique australe pour mettre fin à la crise née de la défaite du régime aux élections générales de mars 2008, ne parvient pas à convaincre les investisseurs internationaux de revenir vers le pays en ruine. L'abandon de la monnaie nationale, vidée de toute substance par l'hyperinflation, a arrêté la chute libre de l'économie. Le pays se flatte d'une légère reprise de la croissance après des années de dépression. Mais les heurts au sein du gouvernement témoignent d'une instabilité persistante.

