Des quartiers entiers ont été réduits à des tas de gravats. Manquant d’équipement, les secouristes locaux n’ont souvent que leurs mains pour extraire les survivants des décombres. Photo AFP/CCTV
Le tremblement de terre - d'une magnitude de 6,9 selon l'Institut de géophysique américain (USGS), de 7,1 selon les autorités sismiques chinoises - est survenu tôt hier matin. Selon Chine Nouvelle, 18 répliques ont suivi, certaines allant jusqu'à 5,8. Pour mesurer la puissance d'un séisme, l'USGS utilise la « magnitude de moment » (Mw). Sur cette échelle ouverte, un séisme atteignant une magnitude d'au moins 6 est considéré comme fort.
Dans la ville de Gyegu, plus de 85 % des bâtiments se sont effondrés, les routes ont été coupées par des glissements de terrain et les télécommunications sont rendues difficiles dans cette région montagneuse de la chaîne himalayenne. Le bilan pourrait s'alourdir, des personnes se trouvant encore sous les décombres. « Nous sommes en train de secourir les élèves de l'école primaire de Yushu. Il y a à peu près une vingtaine d'élèves ensevelis. Nous nous dépêchons pour leur apporter de l'aide », a déclaré à CCTV un responsable des pompiers, Kang Zifu. « Nous travaillons aussi sur le bâtiment du Bureau du commerce et de l'industrie de Jiegu, il y a entre 40 et 50 personnes ensevelies. Elles sont vivantes, nous avons le contact avec elles », a-t-il ajouté. Dans la soirée, la télévision a annoncé que plus de 900 personnes avaient été sorties vivantes des décombres par les services de secours.
Le gouvernement chinois a débloqué une aide d'urgence de 200 millions de yuans (29,3 millions de dollars) pour la province du Qinghai, a indiqué le ministère des Finances, cité par Chine Nouvelle. Le président Hu Jintao et le Premier ministre Wen Jiabao ont ordonné aux autorités locales de tout faire pour venir en aide à la population. Environ 700 soldats se trouvent sur place et plus de 5000 secouristes, dont des soldats et des médecins, ont été envoyés par le gouvernement provincial du Qinghai. Les secouristes locaux, qui n'ont souvent que leurs mains pour extraire des survivants, ont été rejoints dans la journée par des équipes envoyées par les autorités centrales et les régions voisines.
Selon M. Kang, les bâtiments modernes ont résisté, mais pas les demeures traditionnelles construites en terre et en bois. CCTV a montré des soldats de la police armée s'affairant sur le site d'une maison en ruines, déblayant les décombres à la recherche de survivants, ou bien des moines tibétains, avec leurs robes traditionnelles, participant aux opérations. Sur place, les équipements font défaut. « Nous devons compter principalement sur nos mains pour dégager les décombres car nous ne disposons pas de grosses pelleteuses », a déclaré Shi Huajie, responsable de la police armée chargé des opérations de secours. « Nous n'avons pas non plus d'équipement médical », a-t-il ajouté. Les autorités centrales et provinciales ont envoyé des milliers de tentes et de vêtements.
Le chef spirituel des Tibétains en exil, le dalaï-lama, a présenté ses condoléances aux victimes. « Nous prions pour ceux qui ont perdu la vie dans cette tragédie, pour leurs familles et pour tous ceux qui ont été affectés », a-t-il déclaré à Dharamshala, dans le nord de l'Inde, où il vit. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a proposé une aide européenne et le pape Benoît XVI a appelé à la « solidarité de tous ». Le président français, Nicolas Sarkozy, a également adressé ses « plus sincères condoléances » au président chinois Hu Jintao. Pour sa part, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a reconnu « les efforts mis en œuvre par les autorités chinoises pour évaluer la situation et aider les personnes touchées par le séisme », et a présenté ses condoléances au gouvernement et au peuple chinois. L'ONU s'est dit prête à fournir une assistance si Pékin le lui demande.
La zone, sujette aux séismes, est habitée par des paysans et nomades d'ethnies mongole et tibétaine. Le pire tremblement de terre en Chine ces dernières années a été celui de magnitude 8, en mai 2008, qui a fait au moins 87 000 morts ou disparus dans la province voisine du Sichuan, non loin de la zone frappée hier.

