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Moyen Orient et Monde - Kirghizstan

Bakiev évoque sa démission, mais pose ses conditions

Le président déchu veut que « l'ordre soit assuré » dans le pays.

Quelque 5 000 partisans du président kirghiz déchu se sont rassemblés hier à Djalal-Abad. Photos Vyacheslav Oseledko/AFP

Le président déchu du Kirghizstan, Kourmanbek Bakiev, s'est dit prêt hier à démissionner si sa sécurité et celle de sa famille étaient assurées, au cours d'une conférence de presse dans son village de Teiit, non loin de Djalal-Abad, ajoutant ensuite une autre condition : que « l'ordre soit assuré » dans le pays. C'est la première fois que M. Bakiev évoque sa démission depuis qu'il a fui, la semaine dernière, après de sanglants affrontements qui ont fait 83 morts à Bichkek, la capitale de cette ex-république soviétique d'Asie centrale. Les autorités intérimaires du Kirghizstan ont émis des mandats d'arrêt contre les frères du président déchu, notamment Janich Bakiev, le chef de la garde présidentielle, qui est accusé d'avoir ordonné d'ouvrir le feu sur les manifestants.
Par ailleurs, Azimbek Beknazarov, chargé de la Justice au gouvernement, a annoncé la « levée de l'immunité présidentielle de l'ex-président Kourmanbek Bakiev », lui intimant l'ordre de se rendre dans la journée, sans quoi une « opération spéciale » pour l'arrêter serait ordonnée. Mais Edil Baïssalov, le directeur de cabinet du chef du gouvernement Rosa Otounbaïeva, a relativisé la portée de ces déclarations, indiquant à l'AFP que la nouvelle dirigeante kirghize n'avait « signé aucun document » autorisant l'arrestation de M. Bakiev. Le président déchu a, pour sa part, tourné en dérision l'annonce d'Azimbek Beknazarov.
Dans la matinée, le président évincé avait rassemblé 5 000 personnes à Djalal-Abad, refusant de démissionner, mettant en avant son bilan, tandis que ses détracteurs l'accusent de dérive autoritaire, de corruption et d'avoir accentué la misère dans le pays. La manifestation s'est achevée dans le calme en début d'après-midi. Le gouvernement provisoire accuse M. Bakiev de chercher à fomenter, de son fief, une rébellion pour reprendre le pouvoir, sur fond de relations entre le nord et le sud du Kirghizstan traditionnellement tendues, faisant craindre à certains une guerre civile.
La stabilité du Kirghizstan est un enjeu majeur pour l'Asie centrale. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Grigori Karassine, a d'ailleurs reçu hier à Moscou l'ambassadeur des États-Unis en Russie, John Beyrle, pour discuter du Kirghizstan, appelant à un « retour à la normalité » dans le pays. La communauté internationale s'est empressée de nouer le dialogue avec le gouvernement provisoire. Le secrétaire d'État américain adjoint pour l'Asie centrale et méridionale, Robert Blake, est attendu aujourd'hui au Kirghizstan. Enfin, hier, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a exhorté le gouvernement provisoire et le président déchu à trouver une issue pacifique à leur différend.
Le président déchu du Kirghizstan, Kourmanbek Bakiev, s'est dit prêt hier à démissionner si sa sécurité et celle de sa famille étaient assurées, au cours d'une conférence de presse dans son village de Teiit, non loin de Djalal-Abad, ajoutant ensuite une autre condition : que « l'ordre soit assuré » dans le pays. C'est la première fois que M. Bakiev évoque sa démission depuis qu'il a fui, la semaine dernière, après de sanglants affrontements qui ont fait 83 morts à Bichkek, la capitale de cette ex-république soviétique d'Asie centrale. Les autorités intérimaires du Kirghizstan ont émis des mandats d'arrêt contre les frères du président...
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