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Moyen Orient et Monde - Pologne

Varsovie accueille dans l’émotion la dépouille de sa Première Dame

Le président par intérim, Bronislaw Komorowski, veut vite lever l'incertitude politique en détaillant rapidement le calendrier de la succession.

Les cercueils du chef de l’État polonais, Lech Kaczynski, et de son épouse, Maria Kaczynska, exposés au public dans le palais présidentiel à Varsovie. Joe Klamar/AFP

La Pologne a accueilli hier avec les honneurs militaires, au cours d'une émouvante cérémonie, la dépouille de sa Première Dame rapatriée de Moscou et exposée au palais présidentiel avec celle du président Lech Kaczynski. Le couple présidentiel doit être inhumé dimanche, après un hommage officiel samedi à la mémoire des 96 victimes de l'avion présidentiel qui s'est écrasé près de Smolensk dans l'ouest de la Russie. Des dirigeants de nombreux pays sont attendus pour les funérailles, dont fort probablement le président russe Dmitri Medvedev et le président américain Barack Obama. Le gouvernement allemand a confirmé la présence de la chancelière Angela Merkel et du président Horst Köhler. Le couple présidentiel sera enterré dans la cathédrale de Wawel à Cracovie (Sud), où reposent les rois et les présidents de Pologne.
Le corps de Maria Kaczynska n'a pu être identifié que lundi à Moscou, grâce à l'inscription gravée dans son alliance. Près de la moitié des corps des 96 personnes tuées dans l'accident ont été formellement identifiés par des proches des victimes à Moscou, a annoncé hier le ministère russe de la Santé. Après la journée de deuil décrétée lundi dans de nombreux pays, dont la Russie, des messages de sympathie ont continué d'affluer de l'étranger. Le Parlement européen a prévu d'organiser aujourd'hui une cérémonie d'hommage à la mémoire des victimes.
Par ailleurs, les enquêteurs russes ont annoncé hier la découverte d'une troisième boîte noire sur le site de l'accident de l'avion présidentiel polonais et exclu que ce drame ait pu être causé par un incendie ou une explosion. « La décision a été prise de satisfaire la demande de la partie polonaise et de la déchiffrer en Pologne avec la participation de spécialistes russes », a déclaré Tatiana Anodina, chef du Comité d'aviation intergouvernemental (MAK), organisme dont le siège est à Moscou, au cours d'une réunion de la commission gouvernementale russe à laquelle prenaient part des experts polonais. Le Premier ministre russe Vladimir Poutine, qui dirige cette commission, a appelé à une bonne coordination du travail avec les Polonais afin « d'obtenir le résultat d'enquête le plus objectif possible ». Le porte-parole du gouvernement polonais, Pawel Gras, a en outre salué l'approche adoptée par la Russie à l'égard de la catastrophe aérienne. « La partie russe coopère pleinement à tous les niveaux possibles et aide bien la partie polonaise, aussi bien les familles que les administrations polonaises », a-t-il déclaré.
Sur le plan politique interne, le président polonais par intérim, Bronislaw Komorowski, veut annoncer rapidement la date de l'élection anticipée pour trouver un successeur à Lech Kaczynski et lever l'incertitude créée par la mort brutale du chef de l'État. Invité de la chaîne de télévision TVP Info, le président de la Diète a jugé qu'il était « absolument nécessaire » que la date du scrutin soit annoncée dès aujourd'hui. « Cela doit être fait aussi tôt que possible pour réduire la période d'incertitude dans laquelle se trouve la Pologne », a-t-il expliqué. La tragédie a plongé les Polonais dans un état de choc. La stabilité politique ou économique du pays, membre de l'UE et de l'OTAN, ne semble pas menacée, mais M. Komorowski veut détailler rapidement le calendrier de la succession. La Constitution lui accorde un délai de 14 jours pour fixer la date de l'élection. Le scrutin doit avoir lieu dans les 60 jours qui suivent l'annonce. Les élections ayant toujours lieu un dimanche en Pologne, et compte tenu du calendrier des fêtes catholiques, deux dates semblent a priori les plus plausibles : le 30 mai ou le 13 juin.
Ces dernières semaines, alors que la Pologne se préparait à une élection présidentielle programmée pour octobre, M. Komorowski était donné largement en tête des intentions de vote face à un Lech Kaczynski à la popularité déclinante. Il est difficile de dire aujourd'hui quel impact la tragédie de Smolensk aura sur l'électorat. Dans ces jours de deuil national, M. Komorowski, candidat de la Plate-forme civique (PO), le parti du Premier ministre Donald Tusk, a acquis une dimension nouvelle. Lui qui préférait l'ombre à la lumière a revêtu les habits de « père de la nation ». Mais ses premières décisions seront vraisemblablement surveillées de près par Jaroslaw Kaczynski, frère jumeau de Lech et dirigeant de leur parti, Loi et justice (PiS), minoritaire au Parlement.
« Komorowski a désormais un grand avantage : les électeurs s'habituent à le voir en président », note Lena Kolarska-Bobinska, élue de la PO au Parlement européen, qui lui recommande d'être « extrêmement souple et impartial ».
La Pologne a accueilli hier avec les honneurs militaires, au cours d'une émouvante cérémonie, la dépouille de sa Première Dame rapatriée de Moscou et exposée au palais présidentiel avec celle du président Lech Kaczynski. Le couple présidentiel doit être inhumé dimanche, après un hommage officiel samedi à la mémoire des 96 victimes de l'avion présidentiel qui s'est écrasé près de Smolensk dans l'ouest de la Russie. Des dirigeants de nombreux pays sont attendus pour les funérailles, dont fort probablement le président russe Dmitri Medvedev et le président américain Barack Obama. Le gouvernement allemand a confirmé la présence de la chancelière Angela Merkel et...
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