Les Polonais ont déposé une marée de bougies devant le palais présidentiel.Joe Klamar/AFP
La date de l'inhumation du président polonais n'a pas encore été fixée. Son cercueil sera néanmoins exposé au public au palais présidentiel dès aujourd'hui. L'ancienne chef du cabinet du président Kaczynski, Mme Elzbieta Jakubiak, a indiqué à l'AFP qu'il était « fort possible » que les funérailles se déroulent sur deux jours, samedi et dimanche. Trois lieux de sépulture sont envisagés : soit la cathédrale Saint-Jean, soit le cimetière historique de Powazki, à Varsovie, ou encore la cathédrale du Wawel à Cracovie (Sud), où reposent les rois et les présidents de Pologne, a-t-elle précisé.
Le chef de la diplomatie polonaise Radoslaw Sikorski a par ailleurs annoncé que le président russe Dmitri Medvedev souhaite participer aux funérailles. La venue du président américain Barack Obama n'est également pas exclue. Le gouvernement allemand a annoncé la présence de la chancelière Angela Merkel et du président Horst Koehler avant même de connaître la date des funérailles. Le président de l'UE Herman Van Rompuy, le chef de la Commission européenne José Manuel Barroso, ainsi que plusieurs chefs d'État ou de gouvernement d'Europe centrale ont aussi fait connaître leur intention de rendre cet ultime hommage au président polonais.
La nouvelle de l'accident, qui a emporté M. Kaczynski mais aussi tous les chefs d'état-major de l'armée du pays, le gouverneur de la Banque centrale et de nombreuses autres personnalités, a suscité une vive émotion et une cascade de réactions dans le monde. La Russie, dont les relations avec la Pologne étaient difficiles ces dernières années, a observé hier une journée de deuil national. Lundi était aussi jour de deuil pour l'Union européenne, l'Ukraine et la Lituanie. La République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, la Turquie ont annoncé une journée de deuil pour la date des obsèques et le Brésil trois jours de deuil après l'accident.
Le corps de la Première dame de Pologne, Maria Kaczynska, qui n'avait pu être rapatrié dimanche avec celui de son époux, a finalement pu être identifié hier. Celui du président est arrivé dimanche après-midi dans la capitale polonaise où des dizaines de milliers de Varsoviens s'étaient massés tout au long du trajet du cortège l'ayant conduit au palais présidentiel.
Le Premier ministre russe Vladimir Poutine qui est allé sur les lieux de la catastrophe samedi, puis une fois encore dimanche pour un adieu à la dépouille de M. Kaczynski, a promis une « enquête objective et complète » sur la catastrophe. Toutes les données du vol sont intactes et l'équipage a bien reçu l'alerte sur les conditions météorologiques difficiles, a assuré le gouvernement russe. Rien n'indique pour le moment que les pilotes ont subi des pressions de la délégation polonaise pour atterrir malgré le mauvais temps, a déclaré de son côté le procureur général de Pologne, Andrzej Seremet.
Terrible ironie du sort, la délégation polonaise se rendait aux cérémonies du 70e anniversaire du massacre de 22 000 officiers polonais, exécutés sur ordre de Joseph Staline à Katyn, près de Smolensk, et en d'autres lieux.


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