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Économie - Liban - Débat

Le projet d’union monétaire arabe, entre fiction et réalité

Au cours de la conférence bancaire annuelle, qui s'est tenue hier pour la troisième année consécutive, le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, a fait preuve de scepticisme envers le projet d'union monétaire arabe, indiquant que les échanges interarabes ne représentaient à l'heure actuelle que 9 % du volume commercial global des pays de la région.

Le gouverneur de la BDL a exprimé hier son scepticisme quant à une concrétisation du projet d’union monétaire dans le monde arabe. Photo Sami Ayad

Organisée par First Protocol, en partenariat avec la Bank Audi, la troisième édition de la conférence bancaire annuelle a pris place hier à l'hôtel Le Bristol, avec comme thème principal l'Union monétaire arabe. Des experts et des dirigeants du secteur bancaire ont ainsi participé à plusieurs sessions de débats, dont notamment le ministre d'État, Adnane Kassar, le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, le président de l'Association des banques du Liban (ABL), Joseph Torbey, le PDG de la BLOM Bank, Saad Azhari, et le directeur de la commission de contrôle bancaire (CCB), Amine Awad. Les intervenants se sont penchés sur les caractéristiques et les mécanismes d'une potentielle union monétaire arabe, examinant en premier lieu la place du Liban dans le cas de la concrétisation éventuelle de ce projet.
À cet égard, M. Salamé a commencé par rappeler que ce projet n'était guère nouveau, étant donné que la plupart des pays arabes sous l'Empire ottoman partageaient, au début du siècle dernier, un système douanier commun ainsi qu'une monnaie unique autorisant la libre circulation des biens et des personnes. « Il ne s'agit pas de retourner dans le passé (...) mais de créer des lois pertinentes afin de renforcer la demande interne régionale et d'assurer une croissance » plus dynamique, a-t-il souligné. « Cela étant, le fait d'envisager ce projet d'union monétaire n'est pas réaliste, d'autant que les pays concernés ont été jusque-là incapables de mettre en place un marché arabe commun, une union douanière ou encore une zone commune de libre-échange respectant les critères requis », a-t-il ajouté. D'ailleurs, le commerce régional interne « ne constitue aujourd'hui que 9 % du volume des échanges commerciaux dans le monde arabe », a indiqué à cet égard le gouverneur de la BDL.
Même son de cloche du côté du président de l'ABL, Joseph Torbey, qui s'est déclaré favorable au projet d'union monétaire arabe, tout en soulignant que sa concrétisation serait « difficile » en raison du manque de cohésion au niveau arabe. À la difficulté posée par le manque de coordination entre les pays arabes sur le terrain, s'ajoute le fait qu'un projet de monnaie commune est aujourd'hui sous la loupe au sein des pays du Golfe qui partagent « une culture et des intérêts économiques communs », a renchéri M. Salamé.
En dépit de son scepticisme, le gouverneur de la BDL a toutefois mis l'accent sur la nécessité d'instaurer éventuellement une union monétaire dans le monde arabe, à condition que celle-ci ait lieu de manière « graduelle et au moment propice ». La concrétisation de ce projet, pour M. Salamé, impliquerait néanmoins une entente politique entre tous les acteurs du projet, ainsi que la participation de la Ligue et du Fonds monétaire arabes. « Encore faut-il que les banques centrales des pays concernés reconnaissent mutuellement les devises qu'elles émettent, et qu'elles acceptent que ces dernières fassent partie de leurs réserves », a-t-il souligné. « La compensation des transactions monétaires interarabes se fait aujourd'hui à l'étranger, et non au sein des pays arabes », a-t-il ajouté à cet effet, soulignant que la reconnaissance et l'utilisation multilatérale de ces devises ne pourraient que favoriser les échanges commerciaux et la croissance de l'ensemble des pays de la région.
Le gouverneur de la BDL a en outre souligné qu'il allait de l'intérêt du monde arabe de s'intégrer de manière unie au niveau régional, en particulier « à des projets méditerranéens ». Quant au Liban, il est clair qu'« il profitera de toute opportunité d'ouverture dans la région, en termes de ressources humaines », a-t-il enfin déclaré.
De son côté, le PDG de la BLOM Bank, Saad Azhari, a jugé qu'une monnaie commune « présenterait des avantages », car son apparition faciliterait dans une large mesure les transactions financières pour le Liban, encourageant en outre les échanges multilatéraux et les investissements, et donc la croissance du pays. Enfin, le directeur de la commission de contrôle bancaire, Amine Awad, a quant à lui déclaré être en faveur d'une monnaie arabe commune, mais à condition qu'un organisme de régulation et de surveillance de cette unification soit créé en parallèle. Citant l'exemple de l'Allemagne ou des États-Unis, il a noté que ces deux pays avaient maintenu leurs banques centrales en dépit d'une monnaie commune circulant entre plusieurs pays ou États. Selon lui, ces organismes constituaient ainsi une référence centrale unique pour l'application des lois.
Organisée par First Protocol, en partenariat avec la Bank Audi, la troisième édition de la conférence bancaire annuelle a pris place hier à l'hôtel Le Bristol, avec comme thème principal l'Union monétaire arabe. Des experts et des dirigeants du secteur bancaire ont ainsi participé à plusieurs sessions de débats, dont notamment le ministre d'État, Adnane Kassar, le gouverneur de la Banque du Liban (BDL), Riad Salamé, le président de l'Association des banques du Liban (ABL), Joseph Torbey, le PDG de la BLOM Bank, Saad Azhari, et le directeur de la commission de contrôle bancaire (CCB), Amine Awad. Les intervenants se sont penchés sur les caractéristiques et les mécanismes d'une potentielle union monétaire...
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