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Moyen Orient et Monde - Pédophilie

Benoît XVI peine à communiquer avec l’opinion publique

Il faut révoquer ceux qui ont couvert les abus, déclare un cardinal.
La révélation vendredi d'un nouveau cas de pédophilie en Californie mettant en cause personnellement Benoît XVI accroît la pression médiatique sur le pape, qui selon les vaticanistes peine à communiquer avec l'opinion publique face à une « situation très grave ».
« Durant tout ce pontificat, Benoît XVI a montré qu'il n'avait pas le tempérament de quelqu'un qui sent le pouls de l'opinion publique et sait intervenir au moment opportun pour dire certaines choses », estime Marco Politi, vaticaniste du journal Il Fatto. Un sentiment partagé par son confrère du quotidien Il Giornale, Andrea Tornielli : « Le Vatican ne se rend pas encore compte à quel point la crise médiatique est sérieuse, et des conséquences très graves que cela peut avoir sur l'opinion publique et les fidèles. » « La seule solution pour le Vatican était et reste encore aujourd'hui celle d'ouvrir ses archives et de faire toute la transparence sur les choses qui ont été faites ou non dans les années 1980 et 1990 », selon Marco Politi, qui salue la ligne de conduite adoptée par le porte-parole du pape Federico Lombardi. Ce dernier a déclaré vendredi que l'Église devait « poursuivre sa collaboration » avec la justice, « seul moyen de rétablir la confiance ».
Marco Politi regrette toutefois qu'une autre frange du Vatican « se place dans une logique de victimisation et ne comprenne pas le rôle fondamental que joue l'opinion publique mondiale dans cette affaire ». Même analyse pour Andrea Tornielli : « Parler d'attaques concertées n'est pas selon moi la meilleure stratégie pour se défendre ». Dans un éditorial publié samedi dans La Stampa, Luigi La Spina rejette également « une ligne de défense construite sur des tentatives de minimiser et justifier » les erreurs. Il prône des « excuses solennelles » ainsi qu'une « transparence absolue ».
Une réponse est d'autant plus urgente que les scandales se multiplient. Outre la Californie, le Canada a été secoué vendredi par une nouvelle affaire : il y a 20 ans, plusieurs évêques et des responsables du Vatican seraient restés silencieux face à des accusations contre un prêtre. Mercredi, c'est la Norvège qui à son tour a été frappée par une affaire qui remonte à près de 20 ans et dont le Vatican aurait eu connaissance dès le début 2009 : un évêque a reconnu avoir abusé sexuellement d'un enfant de chœur lorsqu'il était simple prêtre.
De son côté, le président de la conférence épiscopale de l'Église catholique italienne, le cardinal Angelo Bagnasco, a estimé hier dans un entretien au quotidien Il Sole 24 Ore que ceux qui au sein de l'Église catholique ont minimisé ou couvert les abus sexuels doivent être révoqués. « Les cas avérés de mauvaise gestion, de sous-estimation des faits, sinon de couverture pure et simple, devront rigoureusement faire l'objet de poursuites à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Église », a-t-il déclaré. « Comme cela a déjà été le cas dans certaines affaires, elles devront avoir pour conséquence le remplacement et la révocation des personnes concernées », ajoute le prélat. Dans son interview, le cardinal Bagnasco prend toutefois vigoureusement la défense de Benoît XVI et qualifie de « gratuites et diffamatoires » les accusations portées contre le pape.
La révélation vendredi d'un nouveau cas de pédophilie en Californie mettant en cause personnellement Benoît XVI accroît la pression médiatique sur le pape, qui selon les vaticanistes peine à communiquer avec l'opinion publique face à une « situation très grave ».« Durant tout ce pontificat, Benoît XVI a montré qu'il n'avait pas le tempérament de quelqu'un qui sent le pouls de l'opinion publique et sait intervenir au moment opportun pour dire certaines choses », estime Marco Politi, vaticaniste du journal Il Fatto. Un sentiment partagé par son confrère du quotidien Il Giornale, Andrea Tornielli : « Le Vatican ne se rend pas encore compte à quel point la crise médiatique...
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