Ces assises regrouperont les chefs de sections (localités et villages), les chefs des régionaux (cazas), les chefs des sections professionnelles (par secteur d'activité), les conseils exécutifs des régionaux, des sections géographiques et des sections professionnelles, ainsi que les membres du bureau politique, du conseil d'honneur, et d'une manière générale tout responsable élu ou désigné.
« L'idée d'un tel congrès est née d'une constatation qui concerne l'ensemble de la scène politique locale, à savoir que les partis au Liban sont englués dans leur passé, dans leurs anciennes structures, souligne sur ce plan M. Albert Kostanian, membre du bureau politique. Nous avons voulu engager ainsi le parti sur la voie de la modernité, d'autant que les défis auxquels nous sommes confrontés ont changé de nature et sont désormais des défis indirects. L'affrontement actuellement revêt un aspect fondamentalement culturel. Certaines factions cherchent en effet à soustraire le pays à la modernité. »
M. Kostanian indique dans ce cadre que pour permettre au parti de pouvoir faire face de manière efficace aux défis actuels, le conseil central, présidé par Samy Gemayel, a axé son programme de redressement sur trois axes essentiels : la modernisation de l'appareil du parti, la démocratie directe, et la transparence. À cette fin, un vaste et ambitieux sondage (le premier du genre au Liban) a été effectué auprès de la base du parti. Près de 40 000 formulaires ont ainsi été adressés à chaque membre afin de déterminer les orientations et le point de vue de la base Kataëb dans différents domaines et au sujet de différentes questions d'ordre structurel. À titre d'exemple, précise M. Kostanian, il s'agissait de sonder les membres du parti sur les conditions qui devraient être satisfaites (qualification, niveau d'instruction, âge ...) afin qu'un membre puisse accéder à un poste de responsabilité au sein du parti. Le sondage a porté également sur les faiblesses ou les points forts du parti, les grandes orientations politiques, le choix du système politique et constitutionnel, la position à l'égard des autres partis et formations sur la scène locale, ou aussi des questions plus spécifiques, telles que le logo des Kataëb. « Il s'agit pour nous de tâter le pouls de la base du parti, dans un effort de démocratie directe », souligne M. Kostanian.
Parallèlement à ce sondage et au processus visant à engager le parti dans la modernité, une sorte d'école des cadres (« l'académie politique ») sera relancée sous peu. Cette formation politique comprendra deux phases. La première, obligatoire, devra être suivie par tous les chefs de sections et chefs de régionaux et membres des conseils exécutifs. Elle sera axée sur l'histoire et la structure du parti, la formule libanaise, la position des Kataëb concernant les principaux dossiers de l'actualité, les relations avec les autres partis et la situation des chrétiens du Liban et d'Orient. La seconde phase, facultative, comprendra des cours de connaissance générale sur de grands dossiers (droits de l'homme, neutralité, systèmes électoraux, développement, relations régionales...).
Ce vaste chantier de redressement et de modernisation paraît d'autant plus vital dans le contexte présent qu'il ressort des derniers chiffres disponibles que près de 40 pour cent des membres du parti Kataëb ont moins de 30 ans ...

