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Moyen Orient et Monde - Le Billet

Le pompier pyromane

Il était une fois une rumeur. Une petite rumeur née ex nihilo sur un obscur blog. Une petite rumeur prêtant à une ex-mannequin recyclée Première dame de France des infidélités conjugales à tendance musicale.
Une fois lâchée dans la nature hexagonale, la petite rumeur se trouva fort dépourvue, ne trouvant que peu d'écho dans les médias nationaux. Dépitée, elle décida d'émigrer vers les « outre ». Bien lui en prit, car outre-Manche, outre-Rhin et outre-Atlantique, on lui fit un accueil bien plus chaleureux. Quelques jours après avoir débarqué chez les étrangers, c'est en une que la rumeur était propulsée.
Hélas, dans son pays d'origine, on l'avisait toujours avec un mélange d'ironie et de mépris. À n'en pas douter, passé l'effet ricochet de l'intérêt étranger, la rumeur allait s'évaporer.
C'était sans compter les conseillers et proches de l'Élysée.
Tel un hussard fébrile et impatient à la veille de la glorieuse offensive, Pierre Charon, conseiller de Sarkozy, lança la première charge, sabre au clair, en balançant une accusation pas piquée des hannetons : ce peut-être « une espèce de complot organisé avec des mouvements financiers ». Avant d'ajouter, menaçant, que « la peur doit changer de camp ». Quelques jours plus tard, l'avocat du président, maître Herzog, rebondit sur la théorie affirmant « ne pas pouvoir exclure que ce soit une machination, ou que certaines personnes, soit par intérêt personnel, soit par intérêt financier, aient tenté de déstabiliser le président de la République et son épouse ».
Alors qu'elle se frottait les mains, ébahie par toute cette publicité qui n'était même plus espérée, la rumeur ricocha sur le mouton noir du moment, Rachida Dati, pourtant déjà privée de limousine. La Dati aurait-elle cherché à nuire à la Bruni ?
Claude Guéant, pilier de la cour de l'Élysée, confirma, dans un premier temps, que Sarkozy ne souhaitait plus recevoir la Dati. Mal lui en prit. Après s'être fort probablement fait chapitrer, Guéant rectifia le tir le lendemain matin s'employant à expliquer les différents temps de la vérité : « C'était hier. La vérité d'hier n'est peut-être pas la vérité d'aujourd'hui. »
Face au tohu-bohu généralisé, la Bruni décida qu'il était temps de descendre de la tour d'ivoire pour monter au créneau. « Nous ne sommes victimes d'aucun complot », dit-elle au micro. Alors qu'on lui demandait de confirmer si une enquête avait été diligentée par l'Élysée, elle s'offusqua : « C'est inimaginable de dire cela ! » L'affaire aurait pu s'arrêter là. C'était sans compter un certain Bernard Squarcini, chef des barbouzes de l'Intérieur, qui dit : mais si, « mon service a été saisi ». Saisi par
qui ? « Mon autorité de tutelle, le directeur général de la police nationale », qui, lui, est sous la tutelle du ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, qui, lui, est l'un des plus proches amis de Sarkozy.
À ce moment-là, la rumeur se mit à sangloter, elle avait compris que son heure venait de sonner. D'elle, il ne serait plus question, c'est la pagaille élyséenne qui désormais allait capter toute l'attention.
Il était une fois une rumeur. Une petite rumeur née ex nihilo sur un obscur blog. Une petite rumeur prêtant à une ex-mannequin recyclée Première dame de France des infidélités conjugales à tendance musicale.Une fois lâchée dans la nature hexagonale, la petite rumeur se trouva fort dépourvue, ne trouvant que peu d'écho dans les médias nationaux. Dépitée, elle décida d'émigrer vers les « outre ». Bien lui en prit, car outre-Manche, outre-Rhin et outre-Atlantique, on lui fit un accueil bien plus chaleureux. Quelques jours après avoir débarqué chez les étrangers, c'est en une que la rumeur était propulsée.Hélas, dans son pays d'origine, on l'avisait...
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