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Économie - Ue

La BCE tente de rassurer les marchés sur le dossier grec

La Banque centrale européenne (BCE) a assuré hier que la Grèce n'était pas au bord du gouffre, mais sans vraiment convaincre les marchés pour autant.

Jean-Claude Trichet s’est voulu rassurant après la réunion mensuelle du Conseil des gouverneurs de l’institution monétaire européenne.

Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, s'est efforcé de rassurer les marchés après la réunion mensuelle du Conseil des gouverneurs de l'institution monétaire européenne qui a maintenu son principal taux directeur à 1 %.
« Un défaut de paiement de la Grèce est hors de question, selon les informations dont je dispose », a estimé son président lors d'une conférence de presse à Francfort (Ouest).
M. Trichet a également fait l'éloge du plan de secours pour la Grèce décidé fin mars par les États européens et le Fonds monétaire international (FMI), jugeant ce mécanisme inédit « fonctionnel », alors que les marchés s'inquiètent depuis plusieurs jours de sa viabilité.
« Personne ne devrait prendre à la légère une déclaration signée par tous les chefs de gouvernement » de la zone euro, a-t-il insisté.
Le Français s'est ainsi livré à un exercice de haute voltige en justifiant un dispositif qui n'avait pas ses faveurs au départ, parce qu'il fait passer la BCE au second rang.
« M. Trichet a eu aujourd'hui quelques moments de faiblesse et n'a pas vraiment expliqué avec conviction le revirement de la BCE », a commenté l'économiste d'ING Carsten Brzeski.
Le président de la BCE a rappelé que la décision d'activer ce plan dépendait du gouvernement grec, et que dans ce cas-là, « nous verrions comment le mettre en œuvre ». Il a aussi souligné qu'il était du ressort des pays prêteurs de décider quels taux d'intérêt s'appliqueraient pour une telle aide.
Il a de nouveau appelé les États à prendre leurs responsabilités pour réduire leurs déficits publics.
La BCE a par ailleurs dévoilé des détails sur sa décision annoncée fin mars de rester souple dans ses conditions de crédit aux banques jusqu'à janvier 2011.
Depuis l'aggravation de la crise financière à l'automne 2008 après la faillite de Lehman Brothers, la BCE a décidé d'être moins regardante sur la qualité des garanties (« collatéraux ») apportées par les banques en échange de leur refinancement.
Cette décision permet notamment aux obligations de la Grèce de rester éligibles comme garanties auprès
de la BCE, et pour les banques grecques de se
refinancer toujours aisément auprès d'elle.
Fidèle à son credo d'indépendance, M. Trichet s'est défendu d'avoir pris une décision en visant un pays en particulier.
« Je pense qu'il y a eu une grande pression politique sur la BCE » pour s'assurer que la Grèce continue de pouvoir se refinancer sur les marchés, a toutefois estimé l'économiste Torsten Polleit de Barclays Capital, interrogé par l'AFP.
Les déclarations de M. Trichet ont quelque peu apaisé les marchés hier après-midi, ou du moins n'ont pas aggravé leur situation.
Le rendement des obligations grecques, qui a atteint hier des niveaux record de plus de 7 %, a ainsi légèrement baissé dans l'après-midi. L'euro, en perte de vitesse face au dollar à cause de la Grèce, demeurait stable par rapport à la veille. Les Bourses européennes sont restées dans le rouge.
Du côté des prévisions de croissance, la BCE n'a pas changé de cap et prévoit toujours une reprise modérée cette année en zone euro et probablement inégale, en raison de multiples facteurs d'incertitude.
La BCE table sur une croissance de 0,8 % en 2010.
Par ailleurs, la Banque centrale a légèrement relevé son appréciation sur l'inflation. Elle prévoit désormais une hausse des prix « modérée » cette année, contre « faible » précédemment. Mais M. Trichet a aussi rappelé que l'inflation ne menaçait pas la politique monétaire de la BCE, en restant en deçà de son objectif de moyen terme proche mais inférieur à 2 %.
Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, s'est efforcé de rassurer les marchés après la réunion mensuelle du Conseil des gouverneurs de l'institution monétaire européenne qui a maintenu son principal taux directeur à 1 %.« Un défaut de paiement de la Grèce est hors de question, selon les informations dont je dispose », a estimé son président lors d'une conférence de presse à Francfort (Ouest).M. Trichet a également fait l'éloge du plan de secours pour la Grèce décidé fin mars par les États européens et le Fonds monétaire international (FMI), jugeant ce mécanisme inédit « fonctionnel », alors que les marchés...
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