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Liban - Communautés

Sfeir : Des liens qui ont résisté à l’usure du temps

L'ambassadeur de France était hier l'hôte du patriarche maronite, à Bkerké, où il a assisté à la traditionnelle messe à l'intention de la France.

L’ambassadeur Pietton au premier rang de l’assistance. Photo Émile Eid

Comme chaque Lundi de Pâques, la France était hier à l'honneur au siège patriarcal maronite, où Mgr Nasrallah Sfeir a célébré la messe annuelle à l'intention de ce pays, en présence de l'ambassadeur Denis Pietton et de plusieurs responsables de la chancellerie.
L'office a été suivi d'un banquet au cours duquel le patriarche et l'ambassadeur ont prononcé des allocutions insistant sur la solidité des liens unissant les deux pays. M. Pietton a d'autre part réaffirmé à cette occasion le soutien de Paris à l'indépendance, la souveraineté, l'intégrité et la stabilité du Liban.
Il a, en outre, souligné l'attachement de la France à l'action du Tribunal spécial pour le Liban. Prenant clairement le contrepied de ceux qui cherchent à promouvoir le point de vue selon lequel le Liban devra choisir entre vérité et stabilité, il a estimé que « seule la vérité pourra faciliter la réconciliation de tous les Libanais ».
Voici de très larges extraits des allocutions du patriarche Sfeir et de l'ambassadeur Pietton :

Mgr Sfeir
« Fidèle à la tradition, vous avez voulu, Monsieur l'Ambassadeur, venir en ce jour du Lundi de Pâques, avec vos dignes collaborateurs, assister à la messe et partager avec nous, comme on dit chez nous, le pain et le sel.
« L'ambassadeur de France doit se sentir chez lui à Bkerké. Les liens qui unissent ce siège patriarcal à la France remontent loin dans l'histoire. Ils ont résisté à l'usure du temps. Et ils sont toujours efficaces.
« Bon nombre de nos jeunes font leurs études dans vos universités. La langue française fait partie de notre culture. Et nos relations sont toujours vivaces et efficaces.
« La France a été la fille aînée de l'Église. Elle sera toujours du côté du Liban.
« J'espère bientôt pouvoir répondre à l'invitation de monsieur le président de la République française, qui m'a été adressée. (...)

Denis Pietton
« Chacun connaît, au Liban comme en France, les liens historiques qui unissent nos deux pays. Chacun mesure aussi le rôle que joue la communauté maronite dans l'étroitesse de ces liens qui, depuis des siècles, n'ont jamais faibli. Je suis heureux de pouvoir dire, quelques mois seulement après mon arrivée au Liban, que je l'ai personnellement ressenti au contact de tous les Libanais, toutes confessions confondues.
« De même que l'ensemble de mes prédécesseurs qui ont eu le plaisir de faire le voyage vers Bkerké, j'ai pris toute la mesure du puissant relais que constituait ce siège patriarcal à la tête duquel Votre Béatitude se trouve, pour faire entendre le message de paix et de fraternité que la France souhaite porter au Liban et dans tout le Proche-Orient.
« Cette messe, à laquelle j'ai eu l'honneur de représenter mon pays pour la première fois, est ainsi l'occasion de vous renouveler, dans un cadre à la fois solennel et convivial, l'amitié indéfectible que la France porte à la communauté que vous représentez et, au-delà, au Liban tout entier.
« L'histoire, cependant, ne fait pas tout. C'est la raison pour laquelle nous œuvrons quotidiennement, Français et Libanais, maronites et de toutes les confessions, pour nourrir et renforcer cette relation séculaire. Notre coopération est, vous le savez, riche et multiforme : politique, économique, culturelle. Mais s'il y a bien un domaine où elle nous est particulièrement chère, c'est en matière d'enseignement. La France sait combien les écoles et les instituts que vous patronnez sont des foyers d'excellence et d'essor de notre langue et de notre culture. À travers eux, vous enseignez aux générations de jeunes Libanais de toutes conditions les valeurs que nous avons en commun : la liberté, la tolérance, la fraternité. Dans cette mission comme dans bien d'autres, la France sera toujours à vos côtés. Le président de la République, Nicolas Sarkozy, que j'ai l'honneur de représenter, vous le redira personnellement à l'occasion de votre visite prochaine à Paris.
« Ces valeurs que j'évoquais à l'instant nourrissent, je le sais, votre vision du Liban, celle d'un Liban multiconfessionnel où chacun trouve sa place. Celle d'un Liban souverain et libéré des tutelles étrangères. Celle d'un Liban démocratique, pacifique et prospère.
« Je sais aussi que cette vision est partagée par de nombreux Libanais, au-delà des frontières confessionnelles, au-delà des clivages politiques qui, trop souvent malheureusement, paralysent le bon fonctionnement des institutions. Cette vision, mes chers amis, c'est aussi celle de la France. Celle que nous nous employons inlassablement à incarner dans notre diplomatie et dans notre coopération.

Les engagements de la France...
« Quelques mois après les élections législatives qui l'ont porté à la tête de la primature, Saad Hariri a su constituer un gouvernement d'union nationale qui regroupe des ministres de tous les courants politiques. Ensemble, ils ont posé les jalons d'un programme ambitieux de réformes, pour le bien de tous les Libanais. Aujourd'hui, la priorité affirmée dans la déclaration ministérielle va au renforcement des institutions, à l'affirmation de l'autorité de l'État et aux réformes économiques. La France, comme c'est son devoir, apporte là où elle peut être utile son soutien au gouvernement d'union nationale sur la voie qu'il s'est tracée.
« La France soutient également pleinement la reprise du dialogue national à l'initiative du président Sleiman. Dans ce cadre, les discussions, qui reprendront le 15 avril, devraient conduire à l'adoption d'une stratégie de défense nationale pour l'ensemble du territoire et permettre que, le moment venu, seules les forces armées libanaises soient légitimes à défendre le territoire national.
« Par ailleurs, la France apporte tout son soutien au Tribunal spécial pour le Liban afin que les juges puissent faire leur travail en toute sérénité et dans la plus grande impartialité. Seule la vérité pourra, je le crois, faciliter la réconciliation de tous les Libanais.
« La France soutiendra toujours l'unité, l'indépendance, la souveraineté, l'intégrité territoriale et la stabilité du Liban. Fidèle aux engagements pris lors de l'adoption de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU, elle demeure l'un des contributeurs majeurs de la Finul et appuie sans réserve les efforts menés par le secrétaire général des Nations unies pour trouver une solution à la question de Ghajar, ainsi qu'à celle de Chebaa. Par ailleurs, la France continuera, comme elle l'a toujours fait, à appeler toutes les parties au plein respect de la résolution 1701. Elle ne transigera jamais sur le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale du Liban.
« Cinq années après le retrait total de l'armée syrienne du territoire libanais, la France ne peut que se féliciter de l'établissement de relations diplomatiques avec la Syrie. Le voyage du Premier ministre, Saad Hariri, à Damas a posé les premiers jalons d'une relation fondée sur la réciprocité et le respect mutuel. C'est également le pari qu'a fait le président Nicolas Sarkozy en souhaitant accompagner le retour de la Syrie dans la communauté internationale. Cette " main tendue " servira, si elle ne le fait déjà, la pleine souveraineté du Liban et la stabilité de la région. C'est là l'espoir et l'intime conviction de la France.
« Fort d'une indépendance réaffirmée, le Liban doit maintenant pleinement jouer le rôle qui est le sien sur la scène internationale, comme acteur responsable et autonome d'une région dont les contours se redessinent progressivement. Depuis le 1er janvier 2010, et pendant les prochaines années, le Liban sera membre non permanent du Conseil de sécurité et représentera, à ce titre, l'ensemble des pays arabes. Quelle meilleure occasion pour faire passer les messages auxquels tous les Libanais sont attachés ? Ensemble avec les autres membres du Conseil de sécurité, nous œuvrerons sans relâche, aux côtés du Liban, pour promouvoir un contexte de dialogue et de recherche de la paix dans la région. La création d'un État palestinien, digne et viable, le libre accès aux lieux saints de Jérusalem, capitale des deux États, sont des objectifs qui doivent être inlassablement poursuivis au nom de l'équité et de la justice, pour la paix et pour le bien de tous les peuples de la région.
« La fête de Pâques est celle de la Résurrection et de l'espérance. Je suis intimement convaincu que les Libanais, qui se sont toujours relevés des épreuves que l'histoire leur a infligées, sauront entendre le message de fraternité, de dialogue et de responsabilité entre tous les Libanais, que, sans relâche, vous vous efforcez de promouvoir. »
Comme chaque Lundi de Pâques, la France était hier à l'honneur au siège patriarcal maronite, où Mgr Nasrallah Sfeir a célébré la messe annuelle à l'intention de ce pays, en présence de l'ambassadeur Denis Pietton et de plusieurs responsables de la chancellerie.L'office a été suivi d'un banquet au cours duquel le patriarche et l'ambassadeur ont prononcé des allocutions insistant sur la solidité des liens unissant les deux pays. M. Pietton a d'autre part réaffirmé à cette occasion le soutien de Paris à l'indépendance, la souveraineté, l'intégrité et la stabilité du Liban.Il a, en outre, souligné l'attachement de la France à l'action du Tribunal spécial pour le...
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