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Moyen Orient et Monde - Nucléaire

La Chine accepte d’étudier des sanctions contre l’Iran

Washington et Paris « saluent » la décision de la Chine ; l'Iran juge « inefficace » la menace de nouvelles sanctions agitée par les grandes puissances contre son programme atomique.

Le principal négociateur iranien pour le nucléaire, Saïd Jalili, est arrivé hier à Pékin pour des discussions avec des hauts dirigeants chinois.Fabrice Coffrini/AFP

L'ambassadrice américaine aux Nations unies, Susan Rice, a déclaré mercredi que la Chine, seul membre du Conseil de sécurité de l'ONU jusqu'à présent opposé à un nouveau train de sanctions, avait accepté d'engager des « négociations sérieuses » à l'ONU avec les autres membres du groupe des Six (États-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne, Allemagne) pour l'adoption de nouvelles sanctions. « La Chine a accepté de venir s'asseoir et d'entamer des négociations sérieuses ici, à New York, avec les autres membres du groupe des Six », avait déclaré Mme Rice. Elle a toutefois reconnu que le dossier était « complexe » et impliquait des pays qui ont « des perspectives différentes et des intérêts divergents ». « Il faudra une négociation dure pour obtenir le texte le plus fort possible », avait-elle prédit.
En effet, même si la Chine a décidé d'étudier de nouvelles sanctions contre l'Iran, elle continue de privilégier le dialogue avec les Iraniens, contre les Occidentaux et les Russes. Hier, alors que le chef des négociateurs nucléaires iraniens, Saïd Jalili, était à Pékin pour des entretiens notamment sur le dossier nucléaire, la Chine a affirmé, comme elle le fait toutes les semaines, qu'elle continuait de privilégier une « solution pacifique ». « Sur la question du nucléaire iranien, la Chine va continuer d'œuvrer à une solution pacifique », a dit Qin Gang, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères. « Nous avons toujours poussé pour une solution pacifique et continuerons de pousser en ce sens », a-t-il poursuivi lors d'un point de presse. M. Jalili, qui doit donner aujourd'hui une conférence de presse, rencontrera lors de son passage à Pékin le ministre chinois des Affaires étrangères Yang Jiechi, a précisé Qin Gang.
La Maison-Blanche a salué hier l'accord de la Chine pour négocier à l'ONU d'éventuelles sanctions contre l'Iran, qualifiant cette décision d'« étape très importante ». « Le président pense que nous avons réussi à unir la communauté internationale d'une manière sans précédent pour faire pression sur l'Iran », a déclaré aux journalistes le porte-parole adjoint de Barack Obama, Bill Burton, à bord de l'avion Air Force One qui transportait le président vers le Maine (Nord-Est). Au cours du même vol, M. Burton a aussi dit la satisfaction des États-Unis quant à la venue du président chinois Hu Jintao au sommet sur la sécurité nucléaire à la mi-avril à Washington, estimant que cela prouvait que les deux pays pouvaient travailler ensemble malgré leurs désaccords. « Nous sommes heureux que la Chine participe à l'événement » prévu dans la capitale fédérale américaine les 12 et 13 avril, a-t-il dit.
Les relations entre la Chine et les États-Unis se sont tendues ces derniers mois en raison de désaccords sur des sujets aussi variés que les ventes d'armes à Taïwan, les droits de l'homme au Tibet, la censure contre le géant de l'Internet Google ou encore le taux de change de la monnaie chinoise, que Washington soupçonne Pékin de manipuler pour s'offrir à bon compte une compétitivité à l'exportation. La venue de Hu Jintao à Washington « prouve que malgré ces désaccords, nous pouvons travailler ensemble sur des problèmes comme la prolifération nucléaire », a ajouté M. Burton.
« Nous pensons que la Chine comprend qu'il est dans son meilleur intérêt de ne pas voir de course aux armements nucléaires au Moyen-Orient », a-t-il dit.
De son côté, le département d'État américain a commenté hier le déplacement à Pékin de M. Jalili en disant espérer que « l'Iran écoutera la Chine ».
À Paris, le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, a qualifié l'acceptation de la Chine de négocier à l'ONU d'« une bonne surprise ». « Parler du fond est un nouveau pas en avant, dit-il encore. Il n'y a pas de date, rien de précis, mais nous accélérons. Cela sera fait (mais) je ne sais pas quand. »
L'Iran, pour sa part, a jugé « inefficace » la menace de nouvelles sanctions agitée par les grandes puissances contre son programme nucléaire. « Le programme nucléaire de la République islamique est totalement pacifique et évoquer des sanctions est une menace qui a montré, au cours de ces 30 dernières années, qu'elle était inefficace », a déclaré à Téhéran le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, cité par l'agence Mehr. « Nous conseillons à tous les pays d'accepter les droits légitimes (de l'Iran) dans le cadre du Traité de non-prolifération (TNP) au lieu d'utiliser des méthodes erronées comme les sanctions et les pressions », a-t-il ajouté.

L'ambassadrice américaine aux Nations unies, Susan Rice, a déclaré mercredi que la Chine, seul membre du Conseil de sécurité de l'ONU jusqu'à présent opposé à un nouveau train de sanctions, avait accepté d'engager des « négociations sérieuses » à l'ONU avec les autres membres du groupe des Six (États-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne, Allemagne) pour l'adoption de nouvelles sanctions. « La Chine a accepté de venir s'asseoir et d'entamer des négociations sérieuses ici, à New York, avec les autres membres du groupe des Six », avait déclaré Mme Rice. Elle a toutefois reconnu que le dossier était « complexe » et impliquait des...
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