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Hommage à Aimée Kettaneh

La présidente s'en est allée

 

Aimée Kettaneh, qui fut longtemps la présidente du Festival international de Baalbeck, vient de s'éteindre. Jusqu'au bout, cette femme admirable, généreuse, férue de culture, continuait à suivre l'actualité et à lire, malgré ses problèmes de vue. Grâce à son action énergique et à ses nombreux contacts, celle qui fut l'une des premières avocates au Liban a permis au festival de rayonner et d'accueillir les artistes les plus prestigieux. Elle a côtoyé Cocteau, Aragon, Béjart, Noureïev, Jean-Louis Barrault, Roger Planchon, Von Karajan, Feyrouz, pour ne citer qu'eux, et donné du Liban l'image d'un pays civilisé tout en permettant à des générations de Libanais de découvrir les grands noms du théâtre et de la musique.
« Instigatrice, organisatrice, responsable des relations publiques et ambassadrice itinérante de l'esprit libanais auprès des cultures du monde entier », selon la formule de René Tavernier, elle a publié un livre de souvenirs intitulé Le chemin de Baalbeck qui retrace l'histoire du festival. Forte du soutien de son mari Charles, « sans le secours et l'assistance duquel il aurait été impossible de hisser le festival au niveau atteint en un si court laps de temps » pour reprendre ses propres termes, « la présidente » était infatigable. Le récit de ses voyages, dans un recueil intitulé Balades, témoigne bien de sa curiosité intellectuelle et de son intarissable soif de découvertes...
Aimée Kettaneh restera pour nous le symbole de la femme libanaise cultivée, dévouée à sa patrie et à sa famille. Une très belle figure, inoubliable.

Alexandre NAJJAR

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Au printemps de 1956, Bobby Saab, un de mes amis, grand amateur de musique, me demanda de l'accompagner chez Camille Chamoun afin de lui suggérer la mise sur pied d'un festival à Baalbeck.
Il me sembla que notre visite avait un caractère relativement positif sans plus. Or, quelle ne fut ma satisfaction lorsque, au cours de mon séjour d'été en Irlande, j'appris que Camille Chamoun avait pris notre proposition au sérieux, qu'il avait formé un comité de gérance du festival et qu'il avait placé Aimée Kettaneh à sa tête.
Jamais choix ne fut plus judicieux, car Aimée avait à la fois la culture et les moyens de mener à bien une telle entreprise. Les noms les plus prestigieux de la musique, du ballet, du théâtre se succédèrent sans interruption à Baalbeck d'année en année. Le festival devint durant cette période un point de mire et l'étoile des festivals contemporains.
Dans ce Liban où, hélas, le passé est jeté aux orties, Dieu fasse que la mémoire d'Aimée Kettaneh, née Achou, soit définitivement ancrée dans l'histoire culturelle du pays.

Yvonne SURSOCK COCHRANE

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Je voudrais ajouter quelques mots qui viennent du fond de mon cœur.

Je t'ai vue pour la première fois à Téhéran. J'ai demandé à ma mère : « Qui est cette jolie dame avec un visage en forme de cœur ? »
Ton cœur, Aimée, tu l'as mis dans toutes les activités que tu as entreprises : le Festival de Baalbeck, le Sporting Club de Delhamiyé, la Fondation Charles Kettaneh.
Pendant que tu construisais ta maison à Yarzé, tu passais chaque jour chez moi pour te laver les mains parce qu'il n'y avait pas de l'eau courante sur le chantier.
Tu m'appelais « BBC » car je te transmettais ses bulletins d'information régulièrement.
Tu vas manquer beaucoup aux membres de ta famille et à tes amis.
En anglais, on dit : « To live in the hearts of those you love and leave behind is not to die. »

 

Nina JEDEJIAN

La présidente s'en est allée
 
Aimée Kettaneh, qui fut longtemps la présidente du Festival international de Baalbeck, vient de s'éteindre. Jusqu'au bout, cette femme admirable, généreuse, férue de culture, continuait à suivre l'actualité et à lire, malgré ses problèmes de vue. Grâce à son action énergique et à ses nombreux contacts, celle qui fut l'une des premières avocates au Liban a permis au festival de rayonner et d'accueillir les artistes les plus prestigieux. Elle a côtoyé Cocteau, Aragon, Béjart, Noureïev, Jean-Louis Barrault, Roger Planchon, Von Karajan, Feyrouz, pour ne citer qu'eux, et donné du Liban l'image d'un pays civilisé tout en permettant à des...