Après les propos du député Hadi Hobeiche, membre du bloc « Liban d'abord », dans lesquels il affirmait que tous les membres du gouvernement ont donné leur aval à une annexe de l'accord de coopération sécuritaire, le ministre d'État pour la Réforme administrative, Mohammad Fneich, est monté hier au créneau. Dans une conférence de presse tenue au ministère, il a mis l'accent sur « une volonté délibérée de tromper l'opinion publique en faisant croire que tous les membres du Conseil des ministres avaient donné leur accord à l'annexe de cette convention ». En fait, selon le ministre, celle-ci avait été présentée comme « un don accordé par l'ambassade des États-Unis au Liban ». Il n'avait nulle part été mentionné que ce don était lié à l'accord de coopération sécuritaire. De plus, a-t-il ajouté, une fois connu le contenu de cet accord, il est apparu « contraire aux dispositions de la Constitution dans certains de ses points ». Mohammad Fneich a évoqué en particulier le point relatif aux « membres des FSI ayant des sympathies pour des organisations terroristes, selon la signification donnée par les États-Unis à ce mot », qui ne peuvent pas bénéficier du programme de coopération. Selon lui, cette disposition « crée une discrimination entre les Libanais et elle est contraire à la Constitution qui reconnaît l'égalité des citoyens ». De plus, a-t-il précisé, elle confirme le point de vue américain au sujet de la classification des organisations terroristes. Le ministre dénonce également la volonté délibérée d'éviter de discuter du contenu de cet accord de coopération, qui suscite des « doutes sur les véritables intentions de ceux qui cherchent à tromper l'opinion publique ». Enfin, Mohammad Fneich a déclaré que ceux qui veulent présenter les débats sur l'accord comme une campagne dirigée contre le général Achraf Rifi « visent à créer un climat malsain dans le pays et à raviver les tensions confessionnelles ».
Le ministre de l'Énergie et de l'Eau, Gebran Bassil, a abondé dans ce sens, affirmant que l'accord de coopération sécuritaire a été adopté en catimini sous le label d'un don accordé par les Américains. Il a précisé qu'au sein du gouvernement d'union nationale, il ne s'agit pas de marquer des points les uns contre les autres, mais de coopérer en toute clarté. « Il ne faut donc pas trouver de faux justificatifs à l'adoption de cet accord de coopération, mais au contraire en examiner tous les points attentivement pour éviter les pièges », avant d'ajouter : « À chaque réunion du gouvernement, il y a un don à accepter, et en général, le gouvernement donne son accord puisque la tendance générale est de suivre une politique de mendicité... »
Le député Nabil Nicolas, membre du Bloc du changement et de la réforme, a été encore plus loin, réclamant tout bonnement l'annulation de l'accord de coopération signé avec l'ambassade américaine. Il a rappelé que le gouvernement actuel a réitéré son acceptation du don, sans savoir exactement de quoi il s'agissait et par respect du principe de la continuité du pouvoir.
De son côté, le député Émile Rahmé, lui aussi membre du Bloc du changement et de la réforme, a démenti avoir frappé du poing sur la table en apprenant, au cours de la réunion de la commission parlementaire des Télécommunications et de l'Information, que le gouvernement avait adopté l'annexe de l'accord de coopération sécuritaire. La nouvelle avait paru dans le quotidien al-Hayat, mais le député a déclaré qu'il n'avait même pas eu le temps de parler tant les intervenants étaient nombreux et encore moins de frapper du poing sur la table.
Enfin, le général Achraf Rifi a précisé hier, par le biais d'un communiqué officiel, que les propos rapportés par le quotidien as-Safir dans son édition d'hier ont été prononcés dans le cadre d'une conversation à bâtons rompus. Selon le quotidien, l'officier aurait ainsi affirmé être fier de sa relation avec le Hezbollah et refuser que l'on mette en doute son esprit nationaliste. Enfin, il aurait déploré la campagne menée contre lui, sous couvert de critiquer l'accord de coopération sécuritaire signé avec l'ambassade des États-Unis.

