À l’image de son capitaine Chamakh, Bordeaux a joué de malchance et a manqué de réalisme en grande partie à cause d’un incroyable Lloris qui a réalisé parade sur parade. Philippe Desmazes/AFP
De l'envie, de l'entrain, les Bordelais n'en ont pas manqué. Le premier but marseillais à l'heure de jeu avait sonné la fin du match ou presque, et Laurent Blanc avait même sorti ses deux pièces maîtresses, Gourcuff et Chamakh. Mardi, l'avantage donné aux Lyonnais par Lisandro, bien plus tôt il est vrai (10e), n'aura tenu que quatre minutes, jusqu'à l'égalisation de Chamakh (14e).
Et les Girondins ont tenu le ballon pour se hisser, ainsi que l'OL, au niveau européen. « Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu Bordeaux jouer de telle manière, s'est félicité Blanc. Le match est passé très vite. Il y a eu de nombreuses occasions pour deux équipes de bon niveau. Paradoxalement, je suis très content au niveau du jeu. »
Tous les Bordelais ont suivi ce credo. « On était déçus dans le vestiaire, mais tout le monde y croit parce qu'on a montré de belles choses », dit Chalmé. « On va essayer de jouer de la même façon en étant plus efficace défensivement et offensivement », embraye Gourcuff. Bref, 3-1, « c'est sévère, vu le contenu qu'on a montré », résume Fernando.
La clé : bien défendre
Mais jouer n'est pas gagner. Surtout quand la défense ne suit pas. La charnière centrale Sané-Ciani était aux abois. « Jeune », selon l'euphémisme de Blanc, « notamment pour gérer l'environnement autour de ce match et l'enjeu.». Trémoulinas a souffert devant Bastos, Chalmé face à Delgado et Cissokho.
« Paradoxalement, la clé du match retour sera de bien défendre car si l'on défend comme à l'aller, ce sera difficile », a admis Blanc, qui a aussi déploré l'absence d'Alou Diarra, suspendu, qui s'ajoutait à celle de Marc Planus, blessé.
Encore une fois, le poids du capitaine s'est fait ressentir, en creux. Car en position de milieu défensif, si Fernando a fait le travail, Plasil a erré à un poste auquel il n'était plus habitué. Et les attaques lyonnaises ont allègrement franchi l'entrejeu girondin, là où Diarra fait habituellement office de verrou.
Du jeu, mais pas de réalisme. Chamakh, promu capitaine, a été irréprochable dans l'engagement, tout comme Gourcuff à l'animation, mais les joueurs de côté l'étaient moins. Le rendement de Gouffran à droite et Wendel à gauche s'est à peu près limité à une occasion chacun, aussi superbe fût-elle, respectivement une talonnade détournée par Lloris et une volée sur la barre.
À la décharge des Bordelais cependant, une malchance certaine. Deux hommes l'incarnent : Chalmé d'abord; buteur contre son camp samedi, c'est lui qui provoque le penalty du 3-1 mardi pour une main dans la surface alors qu'il est en train de tacler.
Lloris ensuite : peu rassurant dans les sorties aériennes, le gardien de l'équipe de France a sorti le grand jeu en seconde période, lors du temps fort des Bordelais, autour de l'heure de jeu. Sa parade devant Chamakh, d'une manchette réflexe, restera dans les annales.
On dit que la chance tourne. Pour Bordeaux, il y a urgence.


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