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Moyen Orient et Monde - Irak

La formation du gouvernement se complique

Accusations d'ingérence iranienne, conflit constitutionnel, manque de « confiance » entre rivaux : les obstacles s'accumulent en Irak pour la formation du gouvernement qui s'annonce plus ardue que prévue. Après l'annonce des résultats, les candidats des listes arrivées en tête se sont lancés dans des négociations marathon qui, pour l'heure, n'ont rien produit de concret, mais ont surtout révélé l'ampleur des différends qui les opposent. Les souvenirs des batailles politiques et armées, des trahisons entre ex-alliés et des rancunes qui ont rythmé la vie de l'Irak au cours des cinq dernières années pèsent lourd dans les négociations.
La preuve en est le front du refus qui s'est formé contre le Premier ministre sortant, le chiite Nouri al-Maliki, arrivé en deuxième position avec 89 sièges, derrière son opposant laïc Iyad Allaoui qui a remporté 91 sièges. L'opposition à sa candidature provient de la communauté chiite même, et en particulier du mouvement de Moqtada Sadr, le chef radical actuellement en Iran, qui a réussi à emporter une quarantaine de sièges. Il représente désormais le parti religieux chiite le plus fort du pays. Les sadristes éprouvent de grandes rancœurs contre M. Maliki, après les campagnes militaires menées en 2008 contre la milice de l'Armée du mahdi. Entre la liste Iraqiya de M. Allaoui et l'Alliance de l'État de droit (AED) de M. Maliki, les relations sont glaciales et une alliance semble très peu probable. Une entrevue s'est tenue mardi soir entre M. Maliki et Rifaa al-Issawi, le chef de l'équipe de négociateurs de la liste de M. Allaoui, mais n'a produit que des déclarations de circonstance.
Dans le camp de M. Allaoui, une campagne contre le parti Baas de Saddam Hussein, qui a particulièrement visé Iraqiya, a laissé des traces. Lundi encore, la commission Responsabilité et Justice - une instance soupçonnée d'être influencée par l'Iran et qui a pour objectif de purger l'Irak des éléments baassistes - a établi une liste de 52 noms à bannir de la vie politique, dont six sont des candidats élus. Leurs noms n'ont pas été dévoilés. Cette campagne a provoqué un « refroidissement des relations » avec M. Maliki, a récemment indiqué Iyad Allaoui, soulignant qu'il n'y avait « en vérité pas de rapprochement » jusqu'à présent. Il a également accusé l'Iran d'être un obstacle à sa candidature et exprimé son inquiétude sur les « ingérences » du puissant voisin après des entretiens tenus à Téhéran avec des candidats chiites et kurdes irakiens. Interrogé par la BBC pour savoir si, selon lui, Téhéran s'opposait à ce qu'il devienne Premier ministre, il a répondu : « Je pense oui, ils ont montré très clairement (...) qu'ils ont une ligne rouge. »
La Cour suprême est venue compliquer les choses en rendant un avis à la demande de M. Maliki, sur un article de la Constitution. Selon cet avis, la tâche de former un gouvernement peut incomber au chef de la coalition qui dispose du plus grand nombre de sièges lors de la séance inaugurale du Parlement. En clair, M. Maliki pourrait venir couper l'herbe sous le pied de M. Allaoui s'il arrive à former des alliances avec les Kurdes et les partis religieux chiites.
Accusations d'ingérence iranienne, conflit constitutionnel, manque de « confiance » entre rivaux : les obstacles s'accumulent en Irak pour la formation du gouvernement qui s'annonce plus ardue que prévue. Après l'annonce des résultats, les candidats des listes arrivées en tête se sont lancés dans des négociations marathon qui, pour l'heure, n'ont rien produit de concret, mais ont surtout révélé l'ampleur des différends qui les opposent. Les souvenirs des batailles politiques et armées, des trahisons entre ex-alliés et des rancunes qui ont rythmé la vie de l'Irak au cours des cinq dernières années pèsent lourd dans les négociations.La preuve en est le front du refus qui s'est...
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