MM. Sarkozy et Obama lors de leur conférence de presse conjointe à l’issue de leurs entretiens, hier soir, à la Maison-Blanche.Larry Downing/Reuters
Les deux dirigeants se sont entretenus dans le bureau Ovale, avant une conférence de presse conjointe dans les jardins de la Maison-Blanche. Pour donner un retentissement particulier à cette rencontre, M. Obama et son épouse, Michelle, ont convié leur visiteur et son épouse, Carla Bruni-Sarkozy, à un dîner à quatre dans leurs appartements privés, avant le départ du couple présidentiel pour Paris. Cette « première » depuis l'entrée en fonctions de M. Obama est destinée à faire taire les commentaires sur les difficultés qui ont marqué les premiers mois de la relation entre les deux dirigeants. Le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, a d'ailleurs affirmé que MM. Obama et Sarkozy entretenaient des « relations très solides ».
Hier matin, M. Sarkozy a entamé sa visite à Washington en se rendant au Capitole pour un entretien avec le sénateur John Kerry, président de la commission des Affaires étrangères, puis avec la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi. Parmi les sujets évoqués, Mme Pelosi a cité les armes de destruction massive, l'Iran, l'Afghanistan, la réforme de la régulation financière et les changements climatiques. L'analyse des deux présidents sur les grands sujets de préoccupation mondiale est très proche, selon leurs entourages. Les deux dirigeants sont convaincus de la nécessité de renforcer les sanctions pour empêcher l'Iran d'accéder à l'arme nucléaire. À la suite de son entretien avec le président français, M. Kerry a indiqué que M. Sarkozy était partisan de « sanctions très fortes » envers l'Iran. Les deux présidents souhaitent également sortir le processus de paix au Proche-Orient de l'impasse.
Par ailleurs, le président français a annoncé son intention de plaider pour le renforcement de la régulation financière. Lors d'une « leçon » donnée lundi devant des étudiants de la prestigieuse université Columbia de New York, M. Sarkozy a appelé son homologue à « écouter » le reste du monde et à rejoindre l'Europe et la France pour « inventer les règles de l'économie de demain ». Même si sa fibre « verte » a sérieusement pâli en France après le report de la taxe carbone, le président français a également souhaité lundi enrôler les Américains dans la lutte contre le changement climatique après l'échec de la conférence de Copenhague.
Sur l'Afghanistan, M. Gibbs a affirmé que le président américain ne demandera pas à son homologue français de renforcer le contingent de soldats en Afghanistan. Les deux hommes évoqueront aussi le dossier controversé de l'appel d'offres pour la livraison d'avions ravitailleurs à l'armée américaine, jugé déloyal en Europe, dans lequel Airbus hésite à revenir défier Boeing.
La visite du président français était mise à profit par le Parti républicain qui, dans un communiqué, reprend plusieurs citations critiques envers M. Obama attribuées à son visiteur. Le dirigeant américain y est notamment qualifié de « naïf » vis-à-vis de l'Iran par son homologue français, qui apparaît comme le plus ferme sur les dossiers internationaux.


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