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Nos lecteurs ont la parole

Une fête pour la naissance d’un nouveau Liban

Sami A. KHALIFÉ
La décision prise par le gouvernement d'instaurer une fête nationale islamo-chrétienne à l'occasion de la fête de l'Annonciation (25 mars) revêt une portée historique pour le Liban qui doit montrer son visage de pays modèle du dialogue entre civilisations, cultures et religions. Cette fête est un premier pas dans la longue marche qui nous mènera vers un nouveau Liban, foyer du dialogue avec la bénédiction de Marie.
Qui d'autre mieux que Mariam pouvait nous réunir, musulmans et chrétiens ?  Marie est la fidèle servante du Dieu unique que nous adorons. Mariam est la source d'une spiritualité qui, sous formes variées, demeure commune aux traditions chrétiennes et musulmanes, où elle représente la vertu, la pureté et la soumission à Dieu.
« Je suis la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi comme tu l'as dit. » (Luc, 1:38)
« O Marie ! Dieu t'a choisie, en vérité ; Il t'a purifiée ; Il t'a choisie de préférence à toutes les femmes de l'univers. » (Coran 3.42)
Il y a certainement des différends doctrinaux entre les deux religions que nous ne voulons pas minimiser ou ignorer. Par respect mutuel, nous ne cherchons pas  à cacher nos différences ni à les noyer dans un vague syncrétisme qui offenserait la croyance profonde de chacun, mais à nous accrocher à un tronc commun qui nous rapproche et nous facilite notre quête commune du Dieu unique.
Marie pourra nous aider dans notre quête car musulmans et/ou chrétiens sommes à l'image de Dieu, et Mariam est notre mère à tous : une mère immaculée, pure et exempte de tout péché.
« De même Marie la fille de ‘Imrân qui avait préservé sa virginité; Nous y insufflâmes alors de Notre Esprit. Elle avait déclaré véridiques les paroles de son Seigneur ainsi que Ses Livres ; Elle fut parmi les dévoués. » (Coran 66:12)
Mariam est évoquée près de 34 fois dans le Coran, la sourate 19 porte son nom et lui est consacrée en bonne partie. Elle porte différents noms et titres dans l'islam que nous retrouvons de même dans la chrétienté, comme par exemple : « Tahira », « Siddiqa », « Nour », « Umm el-Nour », « Ma'ssouma », « Batoul », « Azra' », etc.
En revenant à notre nouvelle fête nationale, nous trouvons que l'Annonciation est évoquée à plusieurs reprises dans le Coran, comme dans la troisième sourate : « Les anges dirent : "Ô Marie ! Dieu t'annonce la bonne nouvelle d'un Verbe émanant de Lui. Son nom est : le Messie, Jésus, fils de Marie ; illustre en ce monde et dans la vie future ; Il est au nombre de ceux qui sont proches de Dieu. Dès le berceau, Il parlera aux hommes, tout comme plus tard, adulte : Il sera au nombre des justes." Elle dit : "Mon Seigneur ! Comment aurais-je un fils ? Nul homme ne m'a jamais touchée." Il dit : "Dieu crée ainsi ce qu'Il veut : lorsqu'Il a décrété une chose, Il lui dit : ‘Sois !'...et elle est aussitôt". » (3:45-47)
Tout en notant ici un différend dogmatique fondamental, comment ne pas rappeler l'Évangile de Luc : « L'ange (Gabriel) entra auprès d'elle et lui dit : "Sois joyeuse, toi qui as la faveur de Dieu, le Seigneur est avec toi." » (Luc1.28) « L'ange lui dit : "Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu, voici que tu vas être enceinte, tu enfanteras un fils et tu lui donneras le nom de Jésus". » (Luc 1.30-31) « Marie dit à l'Ange : "Comment cela se fera-t-il puisque je n'ai pas de relations conjugales ?" L'ange lui répondit : "L'Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre ; c'est pourquoi celui qui va naître sera saint et sera appelé Fils de Dieu." » (Luc 1.34-35)
Marie/Mariam est la mère qui rassemble tous ses fils, quelle que soit leur religion, par son amour, sa dévotion et son humilité. Quand je vois à Notre-Dame du Liban à Harissa des pèlerins musulmans et chrétiens vénérer la Sainte Vierge, je crois encore plus fort que « Mariam el-Batoul » veille sur nous au Liban et nous encourage à nous rapprocher l'un de l'autre, à dialoguer et à prouver  nous-mêmes que nous sommes dignes d'être ses fils. Ainsi, nous pourrons montrer que le Liban, si petit à l'échelle du monde, est un exemple pour le dialogue des civilisations, des cultures et des religions.
Beaucoup de  personnes font confiance à Marie. Ghassan Tuéni écrit: « Mais la véritable foi m'est venue le jour où j'ai vu ma mère prier à Saydnaya, en Syrie, sans doute le sanctuaire chrétien le plus visité au Moyen-Orient après Jérusalem, réputé pour abriter la Chaghoura, l'icône de Marie que saint Luc aurait peinte et que le monde orthodoxe vénère. »
À notre tour, mettons notre confiance en Mariam afin qu'elle nous aide à faire en sorte que notre pays soit, comme l'a dit le pape Jean-Paul II, « plus qu'un pays, un message ».
L'Annonciation, une fête nationale, est une première manifestation de ce message. À tous ceux qui ont œuvré pour faire de cette journée un  événement « historique » pour le Liban, nous devons reconnaissance et estime. Mais surtout formulons le souhait que beaucoup de Libanais suivent leur chemin et continuent à le tracer, en espérant qu'un jour, cette fête sera aussi une fête commune aux musulmans et chrétiens de par le monde. Le Liban sera ainsi l'antithèse du fameux « choc des civilisations ».

Sami A. KHALIFÉ
Ingénieur
La décision prise par le gouvernement d'instaurer une fête nationale islamo-chrétienne à l'occasion de la fête de l'Annonciation (25 mars) revêt une portée historique pour le Liban qui doit montrer son visage de pays modèle du dialogue entre civilisations, cultures et religions. Cette fête est un premier pas dans la longue marche qui nous mènera vers un nouveau Liban, foyer du dialogue avec la bénédiction de Marie.Qui d'autre mieux que Mariam pouvait nous réunir, musulmans et chrétiens ?  Marie est la fidèle servante du Dieu unique que nous adorons. Mariam est la source d'une spiritualité qui, sous formes variées, demeure commune aux traditions chrétiennes et musulmanes, où elle représente la vertu,...
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