Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde - Le Billet

Pas de romance à Dubaï

Avec ses mégatours sophistiquées, ses îles en forme de palmiers, ses pistes de ski intérieures et son style mêlant modernisme et tradition, Dubaï a réussi en quelques années à devenir l'une des destinations les plus tendance pour le tourisme et les affaires. Mais derrière cette image libérale, déjà ternie par les menaces de faillite, se cache un émirat conservateur qu'une partie des étrangers - qui représentent 80 % de sa population - ont tendance à oublier.
Aux Émirats arabes unis, où la charia est appliquée, les comportements jugés « obscènes » ne sont pas admis. Et par « obscènes », l'émirat implique - entre autres - les insultes « grossières » comme le bras d'honneur, la danse en plein air sans autorisation, les « signes d'affection » en public, ce qui inclut, entre autres, les baisers, toute relation sexuelle hors mariage et, plus récemment, le « sexting », à savoir « les messages sms à caractère sexuel ».
Ainsi, mercredi dernier, une hôtesse de l'air de 42 ans et son chef de 47 ans, tous deux indiens, ont été condamnés à Dubaï à trois mois de prison pour avoir échangé des messages considérés par les autorités comme sexuellement explicites. Le contenu des messages, révélé par 7 Days, un quotidien émirati, comprendrait des phrases telles que (attention, âmes sensibles s'abstenir !) : « Je t'offrirai des baisers, je t'offrirai des roses » ou encore « Mon amour grandit de jour en jour ». Les amoureux ont été condamnés pour « incitation à la débauche ».
Une autre « affaire d'indécence », rendue publique fin novembre, concerne un couple britannique condamné à un mois de prison pour « avoir commis un acte sexuel en public en s'embrassant sur la bouche ». Identifiés par la presse britannique comme étant Ayman Najafi, 24 ans, expatrié à Dubaï, et Charlotte Adams, 25 ans, en visite dans l'émirat, les deux Britanniques ont été arrêtés sur plainte d'une femme émiratie de 28 ans qui s'était indignée que son enfant ait pu assister à une telle scène.
Quelques semaines plus tôt, deux autres Britanniques qui partageaient la même chambre d'hôtel ont échappé de peu à la prison pour relation sexuelle hors mariage après avoir produit un certificat d'union. Et en 2008, un troisième couple britannique avait été expulsé après avoir été condamné en première instance à trois mois de prison pour activité sexuelle hors mariage pimentée d'alcool sur une plage de l'émirat.
Suite à ces séries d'inculpations, touchant en grande majorité la communauté britannique forte de quelque 100 000 personnes, Dubaï est devenu beaucoup moins « sexy » aux yeux des Occidentaux. Selon un sondage publié par The National, seulement 9 % des expatriés sont complètement satisfaits de leur vie dans l'émirat. Certains analystes estiment en outre que le renforcement des restrictions dans le pays affectera le secteur touristique, estimé à plusieurs milliards de dollars. Les autorités de Dubaï, elles, ne semblent pas inquiètes. Elles prévoient d'attirer plus de 15 millions de visiteurs d'ici à 2015.
Entre-temps, Tom Jones, le chanteur britannique très populaire durant les années 60 et 70, est attendu pour un concert le mois prochain à Abou Dhabi. Qualifié de premier concert du genre dans les Émirats, l'événement devrait, selon les organisateurs, attirer un large public à travers la région. Des organisateurs qui, fort probablement, prient pour que le mythique crooner gallois ne lâche pas sa « Sex Bomb » sur scène.

Avec ses mégatours sophistiquées, ses îles en forme de palmiers, ses pistes de ski intérieures et son style mêlant modernisme et tradition, Dubaï a réussi en quelques années à devenir l'une des destinations les plus tendance pour le tourisme et les affaires. Mais derrière cette image libérale, déjà ternie par les menaces de faillite, se cache un émirat conservateur qu'une partie des étrangers - qui représentent 80 % de sa population - ont tendance à oublier. Aux Émirats arabes unis, où la charia est appliquée, les comportements jugés « obscènes » ne sont pas admis. Et par « obscènes », l'émirat implique - entre autres - les...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut