Éric Linard devant une toile de Jean Le Gac. Photo Michel Sayegh
Éric Linard, qui a commencé à éditer des estampes dans son atelier 2A fondé en Alsace en 1970, porte actuellement trois casquettes : celle d'éditeur, de directeur d'atelier dans lequel sont pratiquées les disciplines de l'estampe : la gravure, la lithographie, la sérigraphie, la digigraphie ainsi que tous les autres systèmes qui permettent de travailler avec les artistes, et enfin de galeriste.
C'est au bout de 10 ans donc que Linard, passionné par l'art contemporain, commence à mettre les planches dans le commerce. Il parcourt les grandes foires internationales et fait connaître son travail. Ce sont d'abord les artistes confirmés sur la scène nationale et internationale qui viennent à l'atelier, puis, par la suite, d'autres, plus novices. « Comme une locomotive », dit Linard. Ce qui me différenciait des autres confrères, c'est que je choisissais mes artistes, dit-il encore. J'ai toujours travaillé en étroite collaboration avec eux en leur choisissant la technique la plus adéquate à leur travail. Une liberté totale qu'octroie cet éditeur aux artistes et qui lui donne le droit d'être propriétaire de la production pour pouvoir ensuite la distribuer.
Comme une locomotive...
En quarante ans, Éric Linard voit ce petit atelier de sérigraphie s'agrandir jusqu'à devenir un complexe international d'édition et l'un des plus célèbres ateliers d'Europe. Les artistes viennent à la galerie pour y travailler, prendre des suggestions de l'éditeur et s'enrichir de sa longue expérience, voire se ressourcer.
Dans cette plate-forme tournante de l'art contemporain, on peut compter des artistes comme Gérard Depralon, plasticien et dessinateur, qui présente ses Images pressées, sorte de bandes dessinées qui s'appuient sur la lecture quotidienne de la presse ; Jean Le Gac, qui pose sur l'art son regard narquois et met en jeu sa propre identité pour nourrir une œuvre relevant de l'art du comportement ; André Stempfel, qui situe son travail entre art construit et concret ; Ian Tyson et son abstraction géométrique entre formes et couleurs. Mais aussi Bernard Veynet qui, après ses débuts dans les mathématiques, devient un grand sculpteur et réussit à donner une esthétique aux maths en leur procurant cette sensibilité artistique. Mais on compte également Claude Viallat, grand coloriste et fondateur de l'école supports/surfaces. En effet, l'artiste a commencé à travailler sur des supports libres, bâches de camions, stores vénitiens, en mettant son empreinte personnelle sur ces supports qu'il a lui-même choisis. Sans oublier Jacques Thomann, André Raffray, Jean-Michel Meurice, François Bruetschy, Yves Dubail, Sylvie Fanchon, Vladimir Skoda, Tony Soulie et Tilman, l'artiste des couleurs acidulées.
* Jusqu'au 4 avril à Beyrouth (CCF). Du 9 au 24 avril : Tripoli- Fondation Safadi. Du 1er au 16 mai : Université Balamand. Du 24 mai au 5 juin : Zouk, Bibliothèque municipale. Du 12 au 25 juin : Zahlé (CCF) et du 1er au 13 juillet : Saïda, caravansérail.

