L'Allemagne a indiqué clairement hier qu'elle « n'exclut pas le recours aux ressources du Fonds monétaire international » (FMI) pour aider la Grèce si elle en a besoin, par la voix d'un porte-parole du gouvernement. Et Berlin n'est pas isolé. Les Pays-Bas, la Finlande, la Suède, le Royaume-Uni ou même l'Italie envisagent la possibilité d'un recours, au moins partiel, au FMI, dans le cadre d'un dispositif de soutien financier.
« Nous sommes partisans de suivre la route du FMI », même si elle « ne suffira pas » et qu' « une solution parallèle doit émerger de la région » européenne, a indiqué le ministre des Finances néerlandais Jan Kees de Jager.
« Il serait bien que le FMI fasse partie » d'un mécanisme de soutien à la Grèce, reposant sur des aides « bilatérales », a jugé son homologue finlandais Jyrki Katainen.
Quant au ministre italien des Finances Giulio Tremonti, il s'est montré récemment ouvert à cette hypothèse, à condition que le FMI intervienne « comme une banque, avec ses capitaux », et non « comme une institution externe, qui arrive dans un désert politique ».
Les seize pays de la zone euro avaient dans un premier temps unanimement rejeté l'idée d'un recours au pompier financier de la planète, au motif que cela aurait constitué un aveu d'échec pour eux. La Commission européenne, la Banque centrale européenne ou la France se sont jusqu'ici montrés plutôt hostiles à une telle option.
Mais les positions semblent s'infléchir face à l'intransigeance de l'Allemagne, qui ne veut pas payer pour les problèmes budgétaires grecs.
Même le président de la Commission, José Manuel Barroso, n'a pas écarté cette idée hier dans une interview, jugeant que l'important n'est pas le « prestige » mais l'efficacité. Il a exhorté les dirigeants de tous les pays de l'UE à approuver « dès que possible » la création d'un mécanisme d'aide financière à la Grèce qui serait utilisé si nécessaire.
« Pourquoi exclure la possibilité d'une intervention du FMI, maintenant que c'est l'UE qui a vraiment établi les conditions » d'une aide à la Grèce et que le FMI serait utilisé comme « un instrument » et non plus comme une « institution dominante » ? s'interroge une source d'un État favorable à cette option.
Mais la solution purement européenne n'est pas encore écartée.
Malgré les fortes réserves allemandes, les chefs d'État et de gouvernement européens sont soumis à forte pression pour au moins approuver la mise en place d'un mécanisme d'aide financière à la Grèce - utilisé seulement si nécessaire - lors d'un sommet prévu jeudi et vendredi prochains à Bruxelles.
Le Premier ministre grec Georges Papandréou les a clairement invités à être « à la hauteur » à cette occasion. Il a le soutien de Bruxelles, qui a appelé vendredi à « parvenir dans le courant de la semaine prochaine à une conclusion plus spécifique » sur cet outil. Les ministres des Finances de la zone euro se sont déjà mis d'accord lundi sur les grandes lignes du plan d'aide, qui reposerait sur des prêts bilatéraux.
Mais il doit encore être validé par les dirigeants européens pour pouvoir être déclenché le moment venu, et donc par la chancelière allemande Angela Merkel, la plus hostile à l'idée même de sortir son chéquier.
« Il y a de fortes pressions pour parvenir à un accord sur un mécanisme de soutien à la Grèce et de fortes résistances de l'Allemagne à un tel mécanisme », a commenté vendredi un diplomate européen de haut rang.
Cependant, devant les réticences de l'Allemagne à payer « l'hypothèse la plus évidente est que la Grèce va devoir aller au FMI, et c'est ce que l'Allemagne veut. Ce n'est pas bon pour l'Europe », a-t-il ajouté.


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