Élu pays hôte de ce rendez-vous incontournable des journalistes du monde entier, le Liban fait figure, aux yeux des professionnels de l'information, de modèle parmi ses voisins. « Le pays du Cèdre est un phare au milieu d'un sombre tableau régional où les régimes arabes se montrent incapables de tolérance vis-à-vis de toute dissidence »,
a déclaré Timothy Balding, relevant que des médias indépendants constituent le socle de toute démocratie. À ce titre, il a rappelé l'engagement d'une des figures majeures de la révolution du Cèdre, l'ancien directeur général d'an-Nahar, Gebran Tuéni. Assassiné en 2005 pour avoir dit haut et fort son opposition à l'occupation syrienne, il a aussi été pendant longtemps le principal référent du WAN en matière de liberté de la presse au Moyen-Orient. Pour sa fille, Nayla Tuéni, qui a inauguré la conférence de presse, le fait que le Liban accueille ce sommet constitue une victoire pour son père, fervent défenseur de la liberté de la presse.
Le Congrès mondial des journaux sera axé cette année sur la recherche d'un nouveau modèle économique pour les métiers journalistiques. Avec comme problématique : comment penser la reconversion de la presse écrite à l'heure où les nouvelles technologies viennent concurrencer les supports traditionnels ? Débats et conférences devraient ainsi rythmer ces trois jours de réflexion. Plusieurs représentants éminents de la profession ont d'ores et déjà annoncé leur présence à Beyrouth, notamment le rédacteur en chef du Washington Post, Marcus Brauchli, le directeur général de l'Associated Press, Tom Curley, ou encore Olivier Fleurot, chef exécutif du groupe publicitaire français Publicis.
Juste avant le congrès, le Forum de la liberté de la presse arabe aura lieu pour la quatrième année consécutive à Beyrouth. « Une occasion unique de rassembler près de 200 personnalités, journalistes et éditeurs qui se mobilisent chaque jour pour promouvoir la liberté auprès des citoyens de leur pays dans cette région », selon le directeur de WAN-IFRA.
Une troisième rencontre, la réunion bisannuelle du Comité de coordination des organisations de liberté de la presse, devrait enrichir encore le débat, lequel s'avère crucial pour l'avenir du journalisme au Moyen-Orient.

