Ces nominations auront « des répercussions négatives au sein du Fateh (au Liban) », déjà miné par les rivalités entre différents courants politiques, a précisé ce responsable du Fateh qui a souhaité garder l'anonymat.
« Fathi Aboul Ardate remplace Sultan Aboul Aynaïn comme chef du Fateh au Liban et Ahmad Saleh se substitue à Mounir Maqdah au poste de chef de la police dans les 12 camps de réfugiés » du pays, a-t-il indiqué.
M. Saleh est un proche de M. Aynaïn, qui a par ailleurs été nommé conseiller du président palestinien pour les réfugiés.
« Ces nominations visaient à mettre de l'ordre (au sein de la direction du Fateh) au Liban », a-t-il précisé.
Toutefois, l'éviction de M. Maqdah est contestée par l'intéressé et par tous les ennemis de M. Aynaïn, qui la considèrent comme partiale, selon le responsable.
M. Maqdah, jusqu'ici chargé de la sécurité dans les camps palestiniens au Liban, était en constante rivalité avec Sultan Aboul Aynaïn, un dirigeant politique.
Les nominations interviennent près d'un an après l'assassinat de Kamal Medhat, numéro deux de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) au Liban, dont le Fateh est la principale composante. Le meurtre a été attribué à un « règlement de comptes » entre factions palestiniennes.
Il convient de rappeler que les 12 camps de réfugiés au Liban abritent officiellement près de 400 000 Palestiniens. Certains avancent un chiffre plus proche de 250 000 à 270 000, car l'ONU n'a pas effacé de ses listes les réfugiés partis dans d'autres pays.
Le FPLP-CG contre-attaque
En réaction aux décisions prises par Mahmoud Abbas, le FPLP-CG d'Ahmad Jibril n'a pas tardé à publier un communiqué dans lequel il a critiqué « les déclarations » du président de l'Autorité palestinienne concernant « le retrait des armes hors et à l'intérieur des camps de réfugiés ». Le texte a clairement accusé le président de l'Autorité palestinienne d'« accroître la tension » et de déstabiliser la situation sécuritaire « à l'intérieur des camps en demandant de venir à bout des zones armées ». « Cela présage un nouveau Nahr el-Bared », a ajouté le communiqué. M. Abbas avait en effet affirmé jeudi dernier qu'il convenait d'accélérer « le retrait des armes palestiniennes hors et à l'intérieur des camps ». Le FPLP-CG a ainsi qualifié « le timing et les insinuations » de ces propos de « clairement incitatifs ». Ils préparent « une étape » précise qui aura pour caractéristique d'entraîner les camps vers une « pente dangereuse sur le plan palestinien interne, mais aussi sur le plan palestino-libanais ». « Il est important de faire attention aux dangers que représentent les déclarations de Abbas et ses tentatives claires d'exporter les crises qu'il traverse », a ajouté le texte avant d'appeler à la tenue d'une réunion dont l'objet serait d'examiner « les impacts négatifs de ces déclarations sur la situation palestinienne au Liban ».

