Rechercher
Rechercher

Liban - Éclairage

Conférence de dialogue : Sleiman reprend l’initiative

Comme prévu, la première séance de la table de dialogue, troisième version, a été de pure forme. Présentation des nouveaux venus, point global sur les développements depuis la dernière séance qui remonte au 1er juin 2009 présenté par le chef de l'État et rapide tour de table des diverses opinions au sujet du thème proposé, à savoir la stratégie de défense. Ni accolades spectaculaires ni échanges remarquables, la séance s'est résumée à une sorte de reprise de contact. Dans certains milieux de l'opposition, on estime aussi que son principal objectif a été de permettre au président Michel Sleiman de reprendre l'initiative politique après la rencontre tripartite de Damas entre les présidents Assad et Ahmadinejad et le secrétaire général du Hezbollah, qui a été perçue comme une sorte de marginalisation de la présidence libanaise. Sleiman a certes précisé au cours de la séance d'hier que le timing de la tenue de la table de dialogue n'a rien à voir avec d'autres événements récents, mais certains milieux de l'opposition restent peu convaincus de cette coïncidence. Selon eux, le président aurait voulu répondre à la rencontre de Damas et à la polémique qu'elle a soulevée, notamment au sujet du fait que le Liban y a été représenté par sayyed Hassan Nasrallah, en accélérant la convocation de la conférence de dialogue, tout en répondant aux injonctions du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon qui, la veille, avait demandé aux autorités libanaises de reprendre le dialogue. Ces milieux rappellent que le chef de l'État s'est réservé une part importante autour de la table en nommant sept représentants de l'ex-opposition, sept autres du 14 Mars et 5 autres (six avec lui), qualifiés de centristes, dont le leader du PSP Walid Joumblatt. Il chercherait ainsi à montrer qu'il a son mot à dire et même un mot déterminant.
Cette initiative intervient à un moment où de plus en plus de rumeurs circulent sur l'existence d'un froid entre le président Sleiman et les autorités syriennes. Selon des sources de l'opposition, ce froid serait dû à plusieurs facteurs, notamment ce qu'elles appellent ses tentatives répétées de se tailler une place de choix sur la scène chrétienne au détriment du général Michel Aoun et des alliés chrétiens de la Syrie. À cet égard, la double image lors de la fête de Saint-Maron était assez concluante : d'un côté, à Brad, en Syrie, Lahoud, Aoun et Frangié et de l'autre, à la cathédrale Saint-Georges au centre-ville de Beyrouth, le président et les chrétiens du 14 Mars et à leur tête le chef des FL Samir Geagea. Les mêmes sources de l'opposition relèvent aussi l'absence de position claire de la part du président Sleiman au sujet de la revendication de certains leaders du 14 Mars de convier un représentant de la Ligue arabe aux réunions de la conférence de dialogue, alors que cette idée a été rejetée par le président de la Chambre et par le Hezbollah. Enfin, autre point qui aurait dérangé les autorités syriennes, la déclaration du président à Moscou d'ajouter l'Égypte à l'équation syro-saoudienne, alors que la réconciliation entre Damas et Le Caire n'a pas encore eu lieu.
En somme, s'il faut en croire ces sources, les Syriens reprocheraient au président Sleiman de se rapprocher de ceux qui les critiquent et de ceux qui cherchent à s'en prendre aux armes du Hezbollah. Les sources de l'opposition croient aussi savoir que l'un des sujets soulevés au cours de la visite présidentielle en Arabie saoudite serait justement d'assainir le climat avec la Syrie, puisque les relations entre Damas et Riyad sont au beau fixe et que, désormais, l'Arabie saoudite est le plus gros investisseur étranger en Syrie (le montant des investissements saoudiens en Syrie s'élève à un milliard de dollars). C'est d'ailleurs l'Arabie saoudite qui a pris en charge le rétablissement d'un climat de confiance entre le Premier ministre Saad Hariri et le président syrien, après les déclarations du premier à un quotidien italien, dans lesquelles il avait grosso modo comparé la Syrie d'Assad à l'Irak de Saddam. Le fils du roi, le prince Abdel Aziz, a été dépêché à Damas dans ce but. En principe, tout devrait rentrer dans l'ordre dans les plus brefs délais, tout comme la visite annoncée de Walid Joumblatt à Damas devrait avoir lieu au cours des dix prochains jours, après un entretien que devrait accorder le chef du PSP à la chaîne al-Jazira, samedi.
Dans ce climat de réajustements politiques internes et avec la Syrie, que faut-il attendre de la réunion de la conférence de dialogue ? Une baisse de la tension entre les parties politiques et l'amorce d'un débat de fond, loin des projecteurs, affirment les partisans de la reprise du dialogue national. Mais nul n'est convaincu que cette conférence aboutira dans un proche avenir à l'adoption d'une stratégie de défense nationale commune, qui règlera véritablement le sort des armes du Hezbollah. Les divergences dans les approches et dans les points de vue demeurent profondes. Elles reflètent en quelque sorte les deux options (celle de la guerre ou celle du compromis) entre lesquelles hésite la région toute entière. Peut-être qu'à la mi-avril, date de la prochaine réunion, les protagonistes y verront plus clair...
Comme prévu, la première séance de la table de dialogue, troisième version, a été de pure forme. Présentation des nouveaux venus, point global sur les développements depuis la dernière séance qui remonte au 1er juin 2009 présenté par le chef de l'État et rapide tour de table des diverses opinions au sujet du thème proposé, à savoir la stratégie de défense. Ni accolades spectaculaires ni échanges remarquables, la séance s'est résumée à une sorte de reprise de contact. Dans certains milieux de l'opposition, on estime aussi que son principal objectif a été de permettre au président Michel Sleiman de reprendre l'initiative politique après la rencontre...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut