Si les dommages sont moindres au vu des résultats similaires de ses concurrents dans la course à la Ligue des champions, l'OM sait cependant qu'il ne pourra se permettre de rééditer ce type de cafouillage face à un adversaire mieux outillé offensivement que les Bretons.
Annoncé en grande forme, Benfica, leader du championnat portugais chez qui Marseille se rendra jeudi en Europa League, exploiterait ainsi sans doute mieux la situation pour couper la route continentale à la formation de Didier Deschamps qui espère se ménager un printemps stimulant dans cette compétition où la présence de noms ronflants pourrait faire frétiller le Vélodrome.
En attendant, Deschamps, « frustré », doit ressasser les occasions manquées. Amateur de statistiques, il n'a pas manqué dès la fin de la rencontre de constater que son équipe avait tiré 18 fois au but, dont 10 dans le cadre. Le tout pour un seul but, ce qui constitue un ratio en effet maigrelet. Surtout lorsque l'OM ne doit rien lâcher dans la course-poursuite à laquelle il s'est condamné au vu des nombreux points perdus avant la trêve.
Pas de quoi, cependant, accabler outre mesure la cohorte de tireurs maladroits, de Niang à Valbuena, de Diawara à Ben Arfa, ceux-là mêmes qui ont su extirper l'équipe de la nasse dans laquelle elle était tombée avant la trêve pour grignoter un peu de son retard sur le champion et leader Bordeaux.
Goût d'inachevé
Au point de réactiver le rêve de titre malgré les consignes - pas toujours respectées - de ne rien en dire.
Comme l'explique à juste titre Deschamps, son équipe « a déjà gagné beaucoup de matches » en se « créant moins d'occasions ». Une allusion notamment à la première partie de saison, où efficacité ne rimait pas forcément avec spectacle. Depuis la reprise, l'OM a souvent conjugué les deux. Et pris 17 points en huit matches, soit un rythme similaire à celui qui l'avait conduit à la seconde place la saison dernière au terme d'un sacré mano a mano avec Bordeaux.
Le match de dimanche n'a guère dérogé à la règle malgré une baisse de régime et de concentration, en particulier dans la récupération du ballon au milieu de terrain après la pause, laissant au public un goût d'inachevé.
Longtemps toutefois, dans le sillage d'un Lucho Gonzalez qui se bonifie au fil de la saison et dont la complicité technique avec ses collègues du flanc droit, Valbuena (devant) et Bonnart (derrière), saute aux yeux, l'OM a dominé les débats.
« Notre dynamique s'est plus gelée que cassée », a résumé le milieu Benoît Cheyrou. « Au final, cette journée n'est pas si mal pour nous, au regard du nul entre Bordeaux et Montpellier qui atténue la frustration. Car après le match, il y avait beaucoup de mecs abattus », poursuit en écho l'autre milieu Édouard Cissé. Le regain de lucidité est attendu jeudi, dans l'impressionnant stade de la Luz.

