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Liban - Stratégie De Défense

Tir nourri du Hezbollah pour exclure des débats le dossier des armes

À la veille de la reprise des séances du dialogue national au palais de Baabda, les positions des protagonistes restent aux antipodes les unes des autres.
Le Hezbollah a poursuivi hier sa campagne destinée à exclure la question de son arsenal militaire des débats du dialogue national, proposant comme stratégie défensive de généraliser son expérience face à Israël.
Pour le numéro deux du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, il n'y aura pas de débat sur les armes lors des séances du dialogue. « Les armes sont la conséquence de la stratégie défensive et non pas sa raison d'être », a-t-il dit.
« Nous croyons que le débat sur la stratégie défensive est de nature à rapprocher les points de vue et nous porter tous à écouter les points de vue des uns et des autres. Espérons que nous parviendrons, derrière les murs, à rendre le Liban plus fort », a ajouté cheikh Kassem.
« La stratégie défensive est claire, elle signifie la défense contre un ennemi, lequel doit être désigné de manière claire. Or nous n'avons d'ennemi qu'Israël. Alors, lorsque les participants au dialogue se réunissent, ce sera pour discuter des modalités de la confrontation avec Israël », a-t-il souligné.
De son côté, le chef du bloc du Hezbollah à la Chambre, Mohammad Raad, a indiqué que ce parti compte « s'efforcer, dans le cadre du dialogue, de faire adopter son point de vue sur la complémentarité entre l'armée et la résistance, cette dernière ayant une expérience admirable dans la lutte contre l'ennemi ».
Quant au député Ali Fayad, il a fait état de l'existence d'« observations sur l'absence de critères justes et uniformes dans le choix des participants à la conférence du dialogue national ».
« Toutefois, a ajouté M. Fayad, cela n'empêchera pas le Hezbollah de prendre part efficacement au dialogue, car il est conscient de son importance et du besoin pour le Liban d'une entente sur la stratégie défensive nationale face aux menaces et aux périls israéliens. »
Pour le député de Marjeyoun, « afin d'être en mesure de parvenir à une telle entente, il faudra surmonter les sensibilités intérieures et les petits calculs factieux, et se fonder uniquement sur le principe de la défense du Liban selon une approche objective et avec un sens des responsabilités nationales ».
« Si cette condition est assurée, tout le monde découvrira que le processus de mise en place d'une stratégie défensive est facile et clair », a-t-il dit.
« La vision de la résistance à l'égard de la stratégie défensive se fonde sur une accumulation de succès, de crédibilité et de données réalistes, alors que ceux qui s'opposent à nous misent sur des paris décevants, des expériences dont l'échec a été démontré et des approches théoriques confuses et irréalistes, a poursuivi M. Fayad. Or la question de la défense de la patrie ne supporte pas de tester des options illusoires », a-t-il souligné.
Prenant une position proche de celle du Hezbollah, le député Hagop Pakradounian (Tachnag) a estimé que les discussions vont porter sur la stratégie défensive et non sur les armes du Hezbollah, « étant donné que la stratégie est plus globale ».
M. Pakradounian, tout comme le bloc présidé par le député Talal Arslane, a par ailleurs défendu l'idée d'un élargissement de l'ordre du jour du dialogue.

Le rôle du Liban
De l'autre côté de l'échiquier, le député Samy Gemayel a rappelé que les Kataëb veulent que la question des armes du Hezbollah soit mise sur la table de dialogue à côté de la stratégie défensive.
Selon lui, il existe une différence entre les deux sujets, la stratégie défensive devant être décidée au niveau de l'armée libanaise, habilitée à la mettre en place.
« Nous voulons discuter du rôle du Liban dans le conflit arabo-israélien et savoir si nous voulons rester le seul pays à ouvrir un front avec Israël », a ajouté M. Gemayel.
Il a rejeté « le mode de vie que le Hezbollah promet aux Libanais, fait de destructions, de guerre ouverte et d'équilibre de la terreur ».
De son côté, le bureau politique Kataëb a publié un communiqué développant les mêmes arguments, soulignant notamment que les participants au dialogue se doivent de « définir le rôle du Liban d'abord envers lui-même et ensuite à l'égard des conflits que connaît la région ».
« Car c'est le rôle du Liban qui définit la politique défensive et non le contraire, comme c'est le cas aujourd'hui », ajoute le communiqué.
De son côté, le secrétaire général du 14 Mars, Farès Souhaid, a de nouveau insisté hier sur la nécessité d'une participation de la Ligue arabe au dialogue.
M. Souhaid a, en particulier, mis l'accent dans ce cadre sur un point central, à savoir que « toute discussion de la stratégie défensive doit prendre en considération les dispositions de l'initiative arabe de paix, adoptée au sommet arabe de Beyrouth, en 2002, et reconduite au sommet de Riyad, en 2008. Aucun projet défensif libanais ne saurait en effet transgresser l'unanimité arabe autour de cette initiative », a-t-il souligné.
Le député Nabil de Freige a également défendu une présence arabe au dialogue, relevant que cette présence serait conforme aux résolutions prises dans le cadre de l'accord de Doha.
Le chef du PNL, Dory Chamoun, a quant à lui poursuivi sa campagne contre le dialogue national, le qualifiant de « mensonge » et déclarant ne s'attendre à rien d'important qui en résulterait.
« La question la plus importante sur la table de dialogue est celle des armes du Hezbollah. Or comment discuter de cette question avec un parti qui va poser son revolver sur la table ? » s'est-il interrogé.
« C'est parce que je désire dialoguer que je ne vois pas de résultat à ce dialogue-là », a-t-il encore dit.
L'ancien député Najah Wakim, proche de l'ex-opposition, a émis pour sa part le souhait d'un report du dialogue, dans un message adressé au président de la République.
« Il y a des considérations négatives qui dépassent la question des critères adoptés dans les désignations et celle de la bonne représentativité, et qui ont des causes plus importantes, touchant aux conséquences dangereuses que pourrait avoir le dialogue dans les circonstances régionales et locales actuelles », écrit M. Wakim.
« Nous craignons que les résultats du débat sur la stratégie défensive ne soient aux antipodes de ce à quoi vous vous attendez », ajoute l'ex-député, sans plus de précision.
Le Hezbollah a poursuivi hier sa campagne destinée à exclure la question de son arsenal militaire des débats du dialogue national, proposant comme stratégie défensive de généraliser son expérience face à Israël.Pour le numéro deux du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, il n'y aura pas de débat sur les armes lors des séances du dialogue. « Les armes sont la conséquence de la stratégie défensive et non pas sa raison d'être », a-t-il dit. « Nous croyons que le débat sur la stratégie défensive est de nature à rapprocher les points de vue et nous porter tous à écouter les points de vue des uns et des autres. Espérons que nous parviendrons,...
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