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Économie - Ue

L’idée d’un Fonds monétaire européen suscite des divergences

L'idée d'un Fonds monétaire européen pour les pays en difficulté fait son chemin à la lumière de la crise financière grecque, qui a mis en évidence les lacunes de la zone euro, mais des divergences apparaissent déjà sur sa finalité exacte.

La chancelière allemande Angela Merkel favorable à l’idée d’un Fonds monétaire européen. Photo AFP

Dans une interview publiée hier, le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn a indiqué que « la Commission est prête à proposer un instrument européen » tel un Fonds monétaire, « qui a le soutien des membres de la zone euro ». Dès aujourd'hui, M. Rehn compte « informer » tous les membres de l'Exécutif européen « des discussions en cours » sur le sujet, en vue de propositions qui seront faites d'ici à fin juin, a dit hier son porte-parole. En tout état de cause, un tel Fonds ne servirait pas à la Grèce, mais pour les crises à venir. Les problèmes budgétaires grecs ont initié un débat sur la nécessité pour la zone euro de se doter d'un mécanisme d'entraide financière, ce qui constituerait une révolution pour l'Union économique et monétaire lancée en 1999. Un tel mécanisme n'a pas été prévu en raison du blocage à l'origine de l'Allemagne qui y voyait un encouragement au laxisme budgétaire pour les pays du sud de l'Europe.
L'ampleur de la crise grecque a toutefois changé la donne. « Pour la stabilité de la zone euro, nous avons besoin d'une institution qui dispose des expériences du FMI et de pouvoirs d'intervention analogues », a dit le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble. Il compte faire « prochainement des propositions » en liaison avec la France, a dit hier son porte-parole. « Une union monétaire doit être en mesure de surmonter elle-même les crises », car demander de l'aide à l'extérieur, comme au FMI, serait « un signe d'affaiblissement de cet espace », a-t-il argumenté. Reste à déterminer son mode précis de fonctionnement, ce qui promet un débat animé. Les prêts du Fonds européen auront pour contrepartie « des conditions strictes » comme des économies budgétaires ou des réformes parfois impopulaires, a averti M. Rehn. Les Allemands insistent beaucoup sur cet aspect. Selon le Financial Times Deutschland, Berlin souhaiterait même renforcer l'arsenal de sanctions contre les pays de la zone euro laxistes sur le plan budgétaire, avec deux options envisagées : suppression de subventions européennes et retrait pendant au moins un an des droits de vote lors des réunions ministérielles de l'UE.
La France, par la voix d'une source gouvernementale, a jugé hier que la création d'un Fonds européen « est plutôt une bonne idée », tout en estimant que les instruments proposés par l'Allemagne sont « très, très lourds » et « nécessitent une modification des traités ». « Ce n'est pas un sujet pour les semaines à venir, c'est un sujet pour les mois et les années à venir », a ajouté cette source. La chancelière allemande Angela Merkel a estimé quant à elle que l'idée d'un Fonds monétaire européen était sur le fond « bonne et intéressante », soulignant que sa mise en œuvre nécessiterait une modification des traités de l'UE. « Je trouve l'idée bonne et intéressante », même si « cela laisse bien sûr beaucoup de questions en suspens », a déclaré hier Mme Merkel lors d'une rencontre avec des journalistes à Berlin. « Mais il faudra bien entendu se demander qui va le financer, sous quelle forme, quelle indépendance il aura par rapport à la Commission (européenne), etc. », a-t-elle souligné, ajoutant : « nous ne pouvons pas créer un tel fonds sans modifier les traités » européens. Face à la crise grecque, « nos instruments ne sont pas suffisants », a expliqué la chancelière, estimant qu'il fallait maintenant « tout mettre en œuvre pour qu'une telle situation ne se reproduise pas ». « Nous devons réfléchir à la façon dont le traité de Lisbonne peut être modifié (...) pour permettre à la zone euro de mieux réagir. Nous aurons cette discussion », a assuré Mme Merkel.
D'autres préfèrent insister sur le volet aide financière d'un tel Fonds plutôt que les contreparties à remplir. Le président du Parti socialiste européen, Poul Nyrup Rasmussen, a ainsi jugé hier les propositions allemandes trop rigides à son goût. « Le Fonds ne devrait pas se résumer au respect de règles et à des sanctions, mais réfléchir au meilleur moyen de soutenir la croissance de la zone euro », a-t-il dit à l'AFP. Quant aux membres de la Banque centrale européenne, ils rejettent, eux, strictement l'idée d'une entraide financière entre pays de la zone euro. « Un tel mécanisme ne serait pas compatible avec les fondements de l'Union monétaire », où chaque pays doit porter la responsabilité de ses dettes, et risquerait de « saper l'acceptation de l'euro », a aujourd'hui mis en garde son chef économiste, Jürgen Stark, dans une tribune de presse.
Dans une interview publiée hier, le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn a indiqué que « la Commission est prête à proposer un instrument européen » tel un Fonds monétaire, « qui a le soutien des membres de la zone euro ». Dès aujourd'hui, M. Rehn compte « informer » tous les membres de l'Exécutif européen « des discussions en cours » sur le sujet, en vue de propositions qui seront faites d'ici à fin juin, a dit hier son porte-parole. En tout état de cause, un tel Fonds ne servirait pas à la Grèce, mais pour les crises à venir. Les problèmes budgétaires grecs ont initié un débat sur la...
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