Rechercher
Rechercher

Liban - Débat

Des positions tranchées et antinomiques

À la veille de la « conférence nationale de dialogue », les positions du 14 Mars et du Hezbollah sont toujours aux antipodes les unes des autres.

À la veille de la « conférence nationale de dialogue », comme aime à l'appeler le chef de l'État, les positions des forces politiques étaient toujours aux antipodes les unes des autres, et d'abord sur l'ordre du jour de la conférence. Les divergences portent aussi sur la durée des débats qui doivent y avoir cours et enfin sur la composition de cette conférence.
L'ancien chef de gouvernement, Fouad Siniora, chef du bloc parlementaire du Courant du futur, a redit hier que l'objectif de la conférence, qui se tient à Baabda, sous la présidence du chef de l'État, est de réfléchir sur la meilleure manière « de défendre le Liban ». « Cette conférence est là parce qu'il existe un point sur lequel les Libanais sont en désaccord », a-t-il ajouté.
« La conférence est également là pour assurer que pour parvenir à des convictions communes, c'est au dialogue que les Libanais ont décidé de recourir plutôt qu'à la rue ou à une quelconque forme de violence », a conclu M. Siniora.

« Une structure provisoire »
Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, a rappelé pour sa part que la conférence de dialogue a été lancée par Nabih Berry le 2 mars 2006, avant de reprendre au lendemain de l'accord de Doha, avec, à l'ordre du jour, trois points : les armes palestiniennes, les armes du Hezbollah et les relations syro-libanaises.
De ces trois sujets, a-t-il expliqué, il ne reste qu'un seul, celui de la « stratégie de défense comme on dit ». M. Geagea a réaffirmé, par ailleurs, que la conférence ne doit pas s'éterniser et que cette structure doit être « provisoire ».
Et le chef des FL d'assurer que son parti refuse qu'on y examine des questions comme celles de la formation de la commission pour l'abolition du confessionnalisme politique, ou celui de la prospection pétrolière au Liban. « Pour ces questions, il y a des institutions, le Conseil des ministres et un Parlement dont nous sommes fiers », a-t-il dit.
Au passage, M. Geagea a précisé que lors de sa rencontre avec le chef de l'État, la semaine dernière, il avait examiné la question de l'absence du bloc de Zahlé à la conférence, ainsi que celle de M. Boutros Harb, du PNL et du Bloc national, alors que des personnalités bien moins représentatives y ont été conviées.

La « distinction capitale » de Samy Gemayel
De son côté, Samy Gemayel a estimé que la conférence de dialogue doit débattre des armes du Hezbollah et non d'une stratégie de défense, estimant qu'entre ces deux notions, la distinction est capitale.
« Cette distinction est capitale, car la stratégie de défense est l'affaire d'une institution que nous révérons, chérissons et honorons, à savoir l'armée libanaise. C'est aux généraux que revient le soin de mettre au point une stratégie de défense pour le Liban. Les protagonistes de la conférence de dialogue, eux, sont des hommes politiques avant d'être des spécialistes dans les affaires stratégiques de défense. Nous allons à la conférence de dialogue pour débattre de ce qui est plus qu'une stratégie de défense, pour débattre du rôle du Liban dans le conflit israélo-arabe. Pour voir si le Liban va continuer à être le seul pays de confrontation avec Israël. Là est la question. Les malheurs du Liban ont commencé en 1969 quand les armes palestiniennes ont afflué au Liban-Sud, frontière ouverte à la confrontation avec l'État hébreu. Cette frontière est toujours ouverte et les malheurs du Liban sont toujours actuels, même si c'est le Hezbollah qui a remplacé les Palestiniens (...). Nous voulons un rétablissement de l'accord d'armistice, pour mettre fin à ces malheurs et permettre à 4,5 millions de Libanais de vivre tranquilles, d'édifier leur économie, de prospérer dans un État fort et capable. »
Quant à Farès Souhaid, secrétaire général du 14 Mars, il a insisté sur le fait que, contrairement à ce que veut faire croire le Hezbollah, il existe « de profondes divergences » au sujet des armes du parti de Dieu, pour autant que ces armes sont placées sous le commandement d'une autorité « supranationale ».
Selon lui, une majorité de Libanais « de toutes les confessions » sont hostiles aux armes du Hezbollah.

Fneich
Dans les rangs du Hezbollah, le son de cloche est radicalement autre. « La stratégie de défense doit nous permettre de savoir comment profiter des possibilités qui ont fait leurs preuves et protégé le Liban, libéré la terre et résisté à l'agression », a affirmé l'un des piliers du Hezbollah, le ministre Mohammad Fneich.
« Nous n'allons pas à la conférence pour nous entendre sur la date à laquelle nous désarmerons », a-t-il ajouté. Là n'est pas l'objet de la conférence de dialogue. »
Pour M. Fneich, les responsables israéliens ont nettement baissé de ton, après avoir été confrontés aux menaces de ripostes proportionnelles à leurs attaques par le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah.
Ce n'est pas autrement que Nawwaf Moussaoui envisage la conférence de dialogue. Pour ce député, « nul ne peut réduire la Résistance au rang d'une force locale rivalisant avec une autre force sur telle ou telle autre position ».
Le député s'en est pris par ailleurs « au noyautage politique, sécuritaire et militaire américain dans les affaires politiques libanaises », estimant qu'il s'agit là « d'un noyautage israélien indirect ».
À la veille de la « conférence nationale de dialogue », comme aime à l'appeler le chef de l'État, les positions des forces politiques étaient toujours aux antipodes les unes des autres, et d'abord sur l'ordre du jour de la conférence. Les divergences portent aussi sur la durée des débats qui doivent y avoir cours et enfin sur la composition de cette conférence.L'ancien chef de gouvernement, Fouad Siniora, chef du bloc parlementaire du Courant du futur, a redit hier que l'objectif de la conférence, qui se tient à Baabda, sous la présidence du chef de l'État, est de réfléchir sur la meilleure manière « de défendre le Liban ». « Cette conférence est là...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut