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Moyen Orient et Monde - Terrorisme

El-Qaëda veut dissuader par la menace les Irakiens de voter

El-Qaëda a menacé de mort, vendredi soir, les Irakiens qui participeront aux élections législatives de dimanche et déclaré un "couvre-feu" pour empêcher la tenue d'un scrutin jugé crucial pour le pays.

Dimanche, environ 19 millions d'Irakiens doivent se rendre aux urnes dans les 18 provinces qui constituent autant de circonscriptions lors des deuxièmes législatives depuis le renversement de Saddam Hussein. Le scrutin est sous haute surveillance de craintes d'attentats./

 

"L'État islamique (...) déclare que quiconque sortira de chez lui pour participer à cette journée, défiant la loi de Dieu et ses mises en gardes claires, s'expose malheureusement à sa colère et à toute sorte d'armes des Moudjahidine", a affirmé la branche irakienne d'el-Qaëda dans un communiqué publié sur des sites jihadistes et rapporté par SITE.

"LÉtat islamique déclare le couvre-feu pour le jour de l'élection (...) de six heures du matin à six heures du soir, dans tout l'Irak et en particulier dans les zones sunnites", ajoute SITE, un centre américain de surveillance des sites islamistes.

El-Qaëda et le groupe extrémiste Ansar al-Sunna avaient menacé il y a quelques jours de "tout faire" pour torpiller ces élections.

Un attentat meurtrier a frappé samedi la ville sainte chiite de Najaf, à la veille de législatives.  Dans le dernier d'une série d'attentats meurtriers, une voiture piégée a explosé dans un parking à Najaf, au sud de Bagdad, près du mausolée de l'imam Ali, la figure la plus vénérée du chiisme, tuant deux pèlerins iraniens et un Irakien, a affirmé un responsable local, Jawad Karawi. Selon lui, "cinquante-quatre personnes ont été blessées, dont 37 Iraniens". L'attentat porte "l'empreinte d'el-Qaëda et des partisans de l'ex-président Saddam Hussein", a affirmé Faëd al-Chammari, chef du Conseil provincial de la ville.

À l'hôpital Al-Hakim, des blessés hébétés, les habits maculés de sang, tentaient de reprendre leur esprit. "J'attendais que les pèlerins prennent le bus quand l'explosion a retenti, tuant et blessant certains membres de mon groupe", a dit Hussein Banahi, 45 ans, un guide venu d'Iran.

Mercredi et jeudi, une série d'attaques, pour la plupart des attentats suicide, portant la marque d'el-Qaëda, ont fait près de cinquante morts, à Bagdad et Baqouba.

Lors de la prière du vendredi, les mosquées et les imams ont appelé dans leur prêche les Irakiens à participer en masse au vote, notamment dans les régions sunnites qui avaient largement boycotté le scrutin de 2005.

La participation des sunnites est l'un des enjeux majeurs du scrutin qui devrait marquer leur retour en force dans le jeu politique.

À Baqouba, ville à majorité sunnite à 60 km au nord de Bagdad, les haut-parleurs des minarets des mosquées ont résonné d'appels aux habitants pour se rendre dans les bureaux de vote.

"Vous devez déposer votre bulletin dans l'urne car c'est votre devoir", a lancé cheikh Abdel Rahman al-Jourani, imam d'une mosquée sunnite. "Et même si vous ne voulez pas voter, allez-y tout de même ne serait-ce que pour déchirer votre bulletin et éviter qu'il ne soit utilisé dans des fraudes".

À Ramadi, la capitale de la province d'Al-Anbar qui fut le fief de l'insurrection sunnite après l'invasion de l'Irak par l'armée américaine en 2003, les imams ont aussi relayé les appels à la participation.

"Vous devez être les acteurs du changement. C'est votre dernière chance de construire l'avenir de l'Irak pour les quatre prochaines années", a dit Khaled Souleimane, l'imam d'une mosquée du centre-ville.

Dans la ville sainte chiite de Kerbala, au sud de Bagdad, les imams ont aussi insisté auprès de leurs fidèles pour qu'ils effectuent leur devoir de citoyen dans cette jeune démocratie.

"Les hautes autorités religieuses insistent sur l'importance de voter", a affirmé Ahmed al-Safi, un représentant du Grand ayatollah Ali Sistani, qualifiant les élections de "question vitale".

Dans la région semi-autonome du Kurdistan (nord), des affrontements ont opposé à Halabja des partisans de la liste dissidente Goran (Changement) et à ceux de sa rivale, l'Alliance kurde, faisant cinq blessés, selon les services de sécurité. Mais le dirigeant kurde Massoud Barzani a minimisé les divergences entre listes, appelant les électeurs à voter en masse pour que les Kurdes obtiennent le maximum de sièges au Parlement.

Dimanche, environ 19 millions d'Irakiens doivent se rendre aux urnes dans les 18 provinces qui constituent autant de circonscriptions lors des deuxièmes législatives depuis le renversement de Saddam Hussein. Le scrutin est sous haute surveillance de craintes d'attentats. À Bagdad, environ 200 000 membres des forces de sécurité irakiennes seront mobilisés alors que la circulation sera interdite aux véhicules dans les villes.

Contrairement aux législatives de 2005 où les troupes américaines protégeaient les urnes aux côtés des forces irakiennes, les soldats américains ne participeront pas aux opérations de sécurité durant le scrutin.

 
"L'État islamique (...) déclare que quiconque sortira de chez lui pour participer à cette journée, défiant la loi de Dieu et ses mises en gardes claires, s'expose malheureusement à sa colère et à toute sorte d'armes des Moudjahidine", a affirmé la branche irakienne d'el-Qaëda dans un communiqué publié sur des sites jihadistes et rapporté par SITE.
"LÉtat islamique déclare le couvre-feu pour le jour de l'élection (...) de six heures du matin à six heures du soir, dans tout l'Irak et en particulier dans les zones sunnites", ajoute SITE, un centre américain de surveillance des sites islamistes.
El-Qaëda et le groupe extrémiste Ansar al-Sunna avaient menacé il y a quelques jours de "tout faire"...
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